Ligue 1: Un mercato plus contracté (et discuté) que jamais

FOOTBALL Dans un contexte de crise, le marché hivernal des transferts a du mal à exister...

Antoine Maes

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Francis Gillot et Jean-Louis Triaud, entraîneur et président de Bordeaux, accueille le Brésilien Mariano, unes des premières recrues du mercato, le 30 décembre 2011.
Francis Gillot et Jean-Louis Triaud, entraîneur et président de Bordeaux, accueille le Brésilien Mariano, unes des premières recrues du mercato, le 30 décembre 2011. — JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Si le PSG n’a pas encore pris le large en championnat, il y a bien un domaine où il n’a aucun rival: le mercato. Alors que les rumeurs les plus folles escortent chaque jour le club de la capitale, ses rivaux en Ligue 1, comme Marseille ou Lyon, pensent d’abord à dégraisser des effectifs pléthoriques qui leur coûtent les yeux de la tête. «Le marché devrait de nouveau être très frileux», confirme Christophe Hutteau. Encore plus que d’habitude? «Incontestablement». La tendance, amorcée il y a deux ou trois ans, n’a jamais été aussi négative.

Un agent de joueurs: «Certains clubs sont prêts à abandonner les indemnités de transferts» 

Tout le monde veut vendre, mais il n’y a plus grand-monde pour acheter, «alors que pour alléger leur masse salariale, certains clubs sont prêts à abandonner les indemnités de transferts», ajoute celui qui s’occupe des intérêts de Mathieu Valbuena. Du côté des joueurs, le choix s’est réduit: honorer son contrat sans broncher, accepter une baisse de salaire (qui atteint souvent les -50%) pour retrouver du temps de jeu dans une nouvelle équipe, ou miser sur «l’Ukraine ou la Russie, qui sont d’excellentes portes de sortie», ajoute Christophe Hutteau. Une situation qui n’épargne que les grands joueurs, et qui frappe de plein fouet les joueurs de clubs, soit l’immense majorité de la corporation. 

Kastendeuch: «Limiter les mouvements en les réservant à des cas particuliers» 

Moralité, le marché d’hiver est aussi plus contesté que jamais. «Nous sommes disposés à nous mettre d’accord pour réduire le mercato. On a conscience qu’on ne peut pas le faire disparaître. Mais il faudrait revenir à la philosophie de départ, en limitant les mouvements et en les réservant à des cas particuliers», explique Sylvain Kastendeuch, co-président de l’UNFP, le syndicat des joueurs. «On entend des présidents ou des entraîneurs dire que le mercato ne sert  à rien, mais ils sont biens contents d’en profiter pour se séparer de certains joueurs», lui répond Christophe Hutteau. Tout sauf un hasard: «Les clubs veulent faire des économies, et diminuer le volume des commissions d’agents serait une mesure concrète», lâche Sylvain Kastendeuch.