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Charles Pic: «Un pilote a besoin d'une structure autour de lui pour arriver en F1»

Charles Pic: «Un pilote a besoin d'une structure autour de lui pour arriver en F1»

INTERVIEWLe pilote Marussia (ex-Virgin) est, pour l'instant, le seul Français assuré de débuter la prochaine saison de Formule1...
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

La F1 française a un nouveau visage. Charles Pic a la mèche en bataille et la peau douce de ses 21 ans, mais aussi le flegme de celui qui va côtoyer les plus grands. Après une belle saison en GP2 (4e) l’antichambre de la F1, le pilote parrainé par Olivier Panis et couvé par Lagardère ne demande qu’à apprendre au volant de sa Marussia (ex-Virgin) en 2012. Avant de prendre le départ du Grand Prix d’Australie, en mars prochain, il présentait sa monoplace mardi à Paris.

Quand avez-vous réalisé que vous pouviez intégrer une écurie de F1 cette saison?

Ça s’est fait naturellement la saison dernière, au fil des courses. Je me suis senti prêt. Aujourd’hui, c’est une super nouvelle. Cela fait longtemps qu’on travaillait là-dessus. Pour l’instant, je n’ai pas pu savourer. Je le ferai peut-être pendant les fêtes quand je vais me poser. Là, j’essaye de maximiser mes jours pour travailler et les mettre à profit. En F1, beaucoup de choses changent, ça freine plus tard, ça va plus vite dans les virages rapides. Il y a aussi beaucoup plus d’informations à gérer pendant les tours. Il faut garder sa vitesse sans se déconcentrer quand on modifie des choses. Et puis je passe d’une équipe de 25 personnes à une équipe de F1 beaucoup plus grande où les postes sont spécialisés pour aller chercher le détail.

Ressentez-vous une pression supplémentaire depuis que vous êtes officiellement nommé?

Oui, c’est certain, mais je l’ai tourné positivement. Les deux jours de tests à Abou Dhabi ont été capitaux. Ça c’est bien passé. Maintenant, je dois préparer la saison 2012. Il y a vraiment énormément de choses à apprendre. Je serai en Angleterre la plus grande partie de mon temps. Mais il n’y aura que six jours d’essais avant Melbourne [le règlement interdit depuis deux saisons les essais privés pendant l’hiver, dans le cadre de la politique de réductions des coûts amorcée il y a plusieurs années].

Quel est le rôle d’Olivier Panis, votre parrain?

Il m’apporte beaucoup, il a fait une grande carrière en F1, connait beaucoup de monde. Il me fait profiter de son expérience, me permet d’apprendre plus vite. Grâce à lui, j’évite certaines erreurs dues à mon jeune âge.

Êtes-vous agacé quand on cherche à vous comparer à un ancien pilote français?

Non pas du tout. C’est normal. Après, c’est dur de se comparer à quelqu’un. J’ai ma propre personnalité. Il faut me prendre comme je suis. Bien sûr, j’essaye de m’inspirer des meilleurs pour m’améliorer. Etre le seul pilote français rajoute de l’attente autour de moi. J’essaye de le tourner en motivation. J’espère que cela relancera l’intérêt pour la F1 en France. Avoir un pilote, c’est une super chose. Pour les autres, je croise les doigts, ce n’est pas terminé [Romain Grosjean, Jean-Eric Vergne et Jules Bianchi peuvent encore espérer décrocher un volant pour la saison 2012].

Avez-vous aussi conscience que le milieu ne vous fera pas le moindre cadeau?

C’est vrai que sur ma saison de GP2 j’ai été moins médiatisé que Romain Grosjean et les autres. Je pense que c’est dû au fait qu’ils étaient suivis par des écuries de F1 avec des programmes spéciaux. Moi j’étais à l’écart de ça. Mais je ne vois pas pourquoi les gens seraient plus sévères avec moi qu’avant.

L’aide de Lagardère a été précieuse pour vous faire une place. Seriez-vous là sans elle?

Clairement, je pense qu’un pilote a besoin d’une structure pour arriver en F1. Si le pilote n’a pas d’écurie autour de lui, il est quasi impossible de le voir en F1. Ce qui m’a permis d’y accéder, c’est le travail qui a été fait en GP2, l’investissement d’Olivier (Panis), qui a beaucoup de contacts et a poussé dans ce sens là, et troisièmement le travail de Lagardère. Mais bon, ça c’est pour tout le monde pareil. Ce n’est pas l’agent du pilote qui paye l’écurie. L’écurie met à disposition certains espaces que l’agent vend à certains de ses sponsors. C’est tout ce qu’il y a de plus normal.

Cette saison, avec qui aimeriez-vous échanger sur le paddock?

Déjà j’ai la chance de travailler avec Timo (Glock), mon coéquipier, qui a beaucoup d’expérience. Etre à ses côtés ne me fait pas peur. Je vais pouvoir apprendre de lui, pour progresser et être à son niveau le plus tôt possible dans la saison. Ceux des autres équipes, ce sera dur de discuter avec eux. On est très pris tous les week-ends. A part quelques mots, ce sera compliqué.