France-Tonga: le ridicule n'élimine pas

COUPE DU MONDE Battus 19-14 par les Tonga, les Bleus sont quand-même qualifiés pour les quarts de finale. Mais il faut voir dans quel état...

A.P. à Wellington

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France - Tonga, le 1er octobre 2011 à Wellington.
France - Tonga, le 1er octobre 2011 à Wellington. — A.Phelps / REUTERS

De notre envoyé spécial à Wellington,

Qualifiée mais inqualifiable, cette équipe de France vit toujours mais son rugby  lui  est en état de mort clinique. Lazare peut toujours se lever et marcher sur l’Anglais samedi prochain, mais l’imaginer dans le dernier carré de la Coupe du monde relève pour l’instant de l’indécence. En matière de rugby, le Français est capable de tout, comme d’arracher son ticket de seconde classe pour les quarts de finale avec deux défaits au compteur (une première depuis les Fidji en 1987). Battus 19-14 samedi par les Tonga à Wellington, les Bleus ne doivent leur qualification qu’à l’improbable  défaite des partenaires de Finau Maka face au Canada. Avec un soupçon de lucidité (comme ce trois contre un vendangé face au seul Maxime Médard), les Tongiens auraient même pu gratter ce bonus offensif synonyme de retour express sur Paris-Roissy pour leur adversaire.

A voir ces grands garçons traîner leur misère sur et en dehors du terrain, on va finir par se demander si ce n’est pas ce qu’ils désirent au fond. Premier joueur à se présenter devant la presse, Fabien Barcella donne la meilleure analyse du naufrage. «On a tous été nul du 1 au 22», synthétise le pilier. Au moins sur ce point, tous le monde est d’accord.  Pas facile de se regarder dans un miroir après une telle prestation  avoue Fabrice Estebanez: «On a honte, il y a des gens qui sont venus ici, qui ont économisé deux ou trois ans pour venir nous voir et on n'a pas été à la hauteur de leur espérance», regrette  le centre exclu sur carton jaune pour un plaquage dangereux.

«On doute, c’est mental»

Passé l’inévitable exercice d’auto-flagellation, il faut bien donner des explications rationnelles à ce qui ressemble quand-même beaucoup à l’une des défaites les plus honteuses du sport français. A entendre nos Bleus, tout se passerait dans les  têtes.  «On doute, c’est mental», assure Dimitri Yachvili. On vit dans un climat un peu difficile à cause de toute la pression médiatique, on n'arrive peut-être pas à l'assumer». «C'est encore une fois notre mal français qui fait qu'on n'est capable de battre les meilleures équipes et de déjouer contre les équipes dites plus faibles»,  ajoute de son côté le talonneur William Servat.

Sauf que depuis un an, cette équipe montre surtout qu’elle est capable du pire (raclée historique contre l’Australie en novembre dernier, défaite en Italie au printemps) et jamais du meilleur. Le sélectionneur, Marc Lièvremont peut toujours dire qu’il a «confiance» en ses joueurs, il risque de sentir très seul dans ce cas. «Il faut qu'on ouvre les yeux et qu'on réalise qu'on a quand même la chance d'être en quarts de finale», essaye de positiver Morgan Parra. Sur ce point, tout le monde est d’accord au moins.

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