Sébastien Ogier: «Le titre de champion du monde reste jouable»
RALLYE•Le pilote français s'estime encore dans la course, avant l'épreuve argentine...Propos recueillis par Romain Scotto
De l’Italie à l’Argentine en passant par la Suisse et Paris, Sébastien Ogier n’a pas beaucoup de temps pour lui. Le pilote Citroën, qui grandit à l’ombre de Sébastien Loeb, commence à s’habituer au rythme du monde des rallyes. A 25 ans, il souhaite lui aussi aller le lus vite possible. A la veille du rallye d’Argentine, le troisième du championnat du monde n’a d’ailleurs pas fait une croix sur le titre…
Cela fait trois semaines que vous avez coupé avec le rallye. Comment-vous-êtes vous occupé?
J’ai fait des séances d’essais. J’ai passé deux jours au Portugal pour préparer le rallye de Grèce. Puis je suis allé à Satory pour du roulage sur asphalte. J’ai aussi quelques journées dédiées à mes sponsors (dont Tag Heuer). Je n’ai qu’un seul jour pour rentrer chez moi en Suisse, faire ma valise et repartir en Argentine. Sinon, en dehors du rallye, je n’ai aucune restriction pour mes loisirs. Je peux faire un peu de tout. Des sports de vitesse, de la moto, du ski. Même s’il faut rester raisonnable.
Comment se présente ce rallye d’Argentine?
Pas trop mal. Je ne l’ai fait qu’une seule fois par le passé, je ne le connais pas très bien. C’est une constante d’avoir moins d’expérience que mes adversaires. Je ne pourrai pas rattraper ça. J’essaye de faire de mon mieux pour rivaliser avec les autres malgré tout. Ici, le public argentin est fou de sport automobile. Il y a du monde partout au bord de la route. Les gens dorment la nuit sur place, ils font des barbecues. Quand tu roules, c’est à peine si tu sens l’odeur de viande grillée dans la voiture.
Depuis le début de la saison, cela fonctionne. Comment jugez-vous vos performances?
Pas mauvaises, même si ça aurait pu être meilleur. Deux victoires en cinq courses, c’est un bon bilan. Ce qui me manque, c’est de ne pas avoir marqué de point au Mexique. Il reste encore huit courses donc beaucoup d’occasions. Le titre c’est encore jouable. Ce ne sera pas facile, mais on est encore en course. Même avec 19 points de retard sur l’actuel leader qui est Seb (Loeb).
Vous attendiez-vous à jouer le titre en début de saison?
Oui. Le but c’était de le jouer le plus tôt possible. Dans l’équipe Citroën, j’ai toutes les cartes pour le faire. J’ai un adversaire redoutable avec moi, dans la même équipe, avec le même matériel. C’est moi et mon copilote qui faisons la différence. C’est un beau challenge. Si on ne le fait pas cette année, on le fera l’année d’après.
Cette filiation avec Sébastien Loeb vous agace-t-elle à la longue?
On ne peut pas dire que ça m’agace. A début, c’est plutôt flatteur d’être comparé à lui parce que c’est quand même le meilleur. Avec le temps, la comparaison est un peu lointaine. Il ne faut pas tout comparer. Les éléments ne sont pas les mêmes. Il est arrivé à une époque différente de la mienne. J’essaye de faire ma propre carrière et je me dis que c’est normal que les gens comparent. C’est leur rôle. Je n’entre pas trop dans ce jeu.
Comment qualifieriez-vous votre relation? Vous n’êtes plus l’élève qui apprend à ses côtés, mais un vrai rival…
Plutôt bonne. Le fait qu’on soit dans la même équipe fait qu’on se voit de plus en plus. On a un but commun, c’est faire gagner notre équipe. Faire en sorte que la voiture progresse. On se donne des infos. Après, en course, on se tire la bourre et il n’y a pas de cadeaux, c’est comme ça.
Quel sentiment vous inspire l’arrivée de Volkswagen en rallye? On pourrait vous voir rouler pour eux?
C’est une bonne nouvelle pour tout le monde. C’est un gros constructeur avec des moyens. Ce sont des places de pilotes en plus. Mon arrivée chez eux n’est pas d’actualité. Je suis sous contrat avec Citroën. Après, ça peut arriver un jour mais pas pour l’instant.


















