Le challenge européen, la consolante pas si insignifiante

RUGBY D'anciens vainqueurs de l'Amlin Cup en parlent...

B.V.
— 
Le N°8 de Bourgoin, Pierre Raschi, charge lors de la demi finale du Bouclier Européen face à Brive, en 1997
Le N°8 de Bourgoin, Pierre Raschi, charge lors de la demi finale du Bouclier Européen face à Brive, en 1997 — AFP PHOTOS

Le challenge européen traîne une fâcheuse réputation: celle d’être la sous Coupe d’Europe, délaissée par les gros clubs et franchement insipide, pour ne pas dire inutile. Bref, une consolante pour petits clubs en manque de lumière. Une vision que ne partagent pas du tout d’anciens vainqueurs de la compétition, à quelques heures de la finale, entre le Stade Français et les Harlequins de Londres.

Un trophée en carton?
Allez dire ça à Pierre Raschi. Bergallien de 1996 à 2005, le n°8 n’a pas gagné d’autres trophées que la première édition du Challenge européen (alors appelé bouclier européen), en 1997. «C’était la première fois que beaucoup de joueurs se frottaient à des nations étrangères, poursuit-il, c’est un souvenir fort, inoubliable, impressionnant.» Et dans un sport où l’on calcule souvent l’importance d’une victoire à la taille de la fête qui lui succède, Raschi se remémore une soirée qui a terminé… «le lendemain. La coupe était minuscule! Elle a résisté vingt minutes avant que le pied ne se défasse…» «Je suis très fier de l’avoir gagné, embraye quant à lui Michel Dieudé, qui l’a emporté avec Clermont en 2007. Des titres, je n’en ai pas gagnés des milliards. A Clermont, tout le monde attendait un trophée depuis longtemps. Celui-là, on l’a fêté comme il se doit. »

Des équipes de seconde zone?
«La Hcup est bien plus relevée, mais quand on arrive en quart, on est obligé de s’intéresser à cette Coupe.» Et quand on regarde le plateau des équipes présentes dans le grand huit de l’Amlin, on ne peut que donner raison à Pierre Raschi. Le grand Munster, Clermont ou encore les Wasps en étaient. «Ce n’est pas une compétition dévaluée, juge Arnaud Costes, qui l’a emportée en 1999 avec l’ASM, face à Bourgoin. Elle a vraiment du sens, de la valeur. Surtout quand on sait la difficulté pour arriver en finale.» Et n’allaient pas croire que les Anglo-saxons la prennent par-dessus la jambe. «Ils la jouent à fond, témoigne Michel Dieudé. Et affronter des Anglais, ça reste une motivation en soi.»

Des joueurs qui s’en fichent?
«Une finale reste une finale!» Avant la finale du Stade Français, Arnaud Costes n’a aucun doute sur les capacités des joueurs du Stade Français à trouver la motivation. Et pas seulement car une victoire en Challenge offrirait aux Parisiens une place en grande Coupe d’Europe, l’an prochain. «C’est aussi un moyen pour eux de sauver leur saison, poursuit l’ancien troisième ligne de Castres. Beaucoup de joueurs vont partir, ce serait une victoire symbolique pour terminer ce cycle.» Et ceux qui vont rester «ne sont pas tous contents de ce qu’ils ont pu accomplir cette saison, relance Raschi. C’est un bon moyen de se racheter… Et puis, quand on arrive à la fin de sa carrière, on compte les titres. Et le Challenge européen en est un vrai.» Aux Parisiens de le montrer. 

 

 Clermont - Bath, finale de 2007.



ASM_Bath_Finale_20070519_22_6 - ASM, Bath... par liz63