Affaire des quotas: Mohamed Belkacemi, le conseiller «taupe secret» de la FFF

FOOTBALL Comment l'ancien employé modèle de la fédération a dévoilé l'affaire...

Romain Scotto
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Mohamed Belkacemi.
Mohamed Belkacemi. — DR

«Les médailles sont comme les obus. Elles atteignent toujours leur cible. En l’occurrence pour “Momo”, c’est en plein dans le mille.» Il y a encore un an et demi, l’ancien DTN Gérard Houiller n’avait que des mots élogieux pour évoquer la personnalité de Mohamed Belkacemi, alors décoré de la médaille de l’Ordre du mérite. Devant les gamins des quartiers dont il est encore le représentant à la fédé, il vantait aussi son «sens de la famille, sa loyauté.» Tout ce que les dirigeants de la FFF lui reprochent aujourd’hui. Mardi, le conseiller technique en charge du «football diversifié» a reconnu être «la taupe» de l’affaire des quotas. Celui qui, le 8 novembre dernier, a déclenché l’enregistreur de son téléphone lors d’une réunion technique réunissant les membres de la DTN et où certains mots ont pu choquer.

De l’avis de ses proches, son geste était réfléchi. Belkacemi ne supportait plus depuis longtemps un discours nauséabond entendu dans les réunions de la FFF. «A un moment, c’était la goutte qui a fait déborder le vase. Cet acte, c’est l’expression d’un ras-le-bol, confie l’un de ses proches, responsable technique d’un club des Hauts de Seine. Le problème perdurait et quand tu prends sur toi tout le temps, ça finit toujours par péter.» Avant d’être mis au ban par Jacques Rousselot et plusieurs membres de la fédé, l’ancien enfant de Montreuil, auteur d’une courte carrière amateur, était décrit comme un conseiller de terrain exemplaire.

Un conflit avec Blaquart sur une équipe de jeune de futsal

Ses convictions? «C’est l’humain, faire en sorte que les banlieusards, ou les gens en galère puissent s’en sortir grâce au football», confie un manager de club francilien, ami de Belkacemi depuis douze ans. Il le décrit comme l’antithèse du scribouillard, habitué à taper dans un sac de boxe avant de partir bosser tous les matins. Parmi ses chantiers, la Coupe du monde des banlieues, le développement du foot en prison, dans les quartiers et la formation des joueurs de futsal. Ce dernier sujet serait d’ailleurs à l’origine d’un récent conflit avec Blaquart. Le DTN suspendu lui avait retiré la direction d’une équipe de jeunes de futsal.

Lassé du corporatisme de la FFF, «il a pu se sentir mis de côté, parce qu’il ne rentrait pas dans le moule», enchaîne l’un de ses proches, pas vraiment étonné que Mohamed Belkacemi soit à l’origine de l’affaire. Il aurait d’ailleurs confié l’enregistrement à un membre de la fédé qui l’aurait à son tour remis à Mediapart. «S’il a fait cela, c’est qu’il se sentait investi d’une mission. Momo, c’est quelqu’un de très franc. Il ne mâche pas ses mots et ne parle pas dans le dos des gens.» A la FFF, tout le monde ne peut pas vraiment en dire autant.

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