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jean-yves Plaisance se dope au cyclo

jean-yves Plaisance se dope au cyclo

cyclo-cross Ce natif de Drefféac a consacré toute sa vie à une discipline méconnue en France
David Phelippeau

David Phelippeau

Au premier abord, le charisme ne saute pas aux yeux. Jean-Yves Plaisance, petit bonhomme de 65 ans à l'allure débonnaire, fourmille pourtant d'anecdotes à la simple évocation de sa longue carrière. Alors que certains destinent leur existence à Dieu, lui a décidé de vivre pour le cyclo-cross. Une vie tout entière à chausser les cale-pieds de cette discipline guère populaire en France. Une vie tout entière à pourfendre les dérives du vélo, le grand-frère. « Moi, j'aime les gens qui s'engagent », répète-t-il à l'envi. Normal, il est né un 20 décembre comme Jean Ferrat. « Un poète révolté comme Brassens ou Brel », lance-t-il. Des épris de liberté, de justice. Un peu comme lui.
« J'ai adhéré tout de suite au cyclo, reconnaît ce triple champion de France de la discipline au début des années 80, qui organisera dimanche à Pontchâteau une étape de la Coupe du monde. Les petits coureurs peuvent côtoyer les grands champions chez nous. Il y a plus de convivialité que dans le cyclisme classique. » Jean-Yves abhorre la dérive vénale du vélo. « Je ne me retrouve pas dans tout ce business », assène-t-il. Le grand barnum du Tour de France, ça ne l'attire même plus. « Je refuse les invitations pour la Grande Boucle. Il n'y a plus que l'argent qui compte. » L'humain passe après. « Ce qui me fait peur et me déplaît, c'est qu'on ne prépare pas les jeunes cyclistes à l'après-carrière, explique cet ex-entraîneur national. Ils se sentent souvent seuls... » La solitude, il l'a connue en 2001. Le souvenir le remue encore. « J'étais allé récupérer un coureur pour l'emmener aux championnats du monde sur route. Lors d'un contrôle douanier, ils ont retrouvé vingt comprimés de Vasten, un médicament contre le cholestérol. » Quelques heures plus tard, un grand quotidien français l'accuse de dopage. Un comble pour lui, le défenseur invétéré du vélo à l'eau claire. « Je me suis dit ce jour-là que notre monde n'était pas crédible pour qu'on puisse faire un tel amalgame. C'était une injustice terrible. » Mais Jean-Yves se raccroche à sa marotte : le cyclo-cross, « ma vie, ma passion ». « Je n'ai pas fait un Noël et un réveillon avec ma famille depuis très longtemps, reconnaît-il. Ma femme a accepté le fait que ça soit ma vie. » Très bientôt, il assistera à ses 41es championnats du monde. Avec toujours la même ardeur. « La passion, c'est la folie !», conclut-il.