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Le Stade Toulousain a un stade d'avance sur le Stade Français

Le Stade Toulousain a un stade d'avance sur le Stade Français

RUGBYNeuvième du Top 14, Paris reçoit un leader aussi impressionnant sur qu’en dehors du terrain...
A.P.

A.P.

Samedi à 16h25 comme depuis quatre ans, Max Guazzini a réservé le Stade de France et ses 80.000 places pour accueillir ses «bouffeurs de magret» préférés. Stade Français - Stade Toulousain ou la querelle entre modernes et classiques, l’opposition pimente le Top 14 depuis une quinzaine d’années. On se chambre, on se chamaille, on se partage les titres mais on «respecte la réussite de l’autre aussi», assure Fabrice Landreau, neuf ans de service à Paris comme talonneur puis entraîneur. Mais la réalité du terrain est là et elle est implacable pour le Stade Français, 9e du classement, largué à 16 points du rival haut garonnais.

Cet écart ne vient jamais que confirmer une impression d’ensemble: Toulouse a pris un métro d’avance dans la course sur son meilleur ennemi. Il suffit de jeter œil sur les budgets annuels pour voir que le club présidé par René Bouscatel met dix millions dans la vue à celui de Max Guazzini (30 contre 20 millions d’euros). «On a pris du retard au niveau économique, acquiesce l’ancien 2e ligne parisien David Auradou. Max Guazzini a pris un club en 3e division en 1993 pour en faire un champion de France cinq ans plus tard. Les structures et l’administratif n’ont pas réussi à suivre les résultats et on souffre de carences structurelles actuellement».

A Toulouse, le rugby attire l’argent

La petite entreprise toulousaine, elle, ne connaît pas la crise. Quand les Parisiens devaient lever de la fonte à l’Aquaboulevard il y a encore peu, les Toulousains bénéficient déjà d’installations quatre étoiles. Propriétaire de son stade, le Stade Toulousain bénéficie d’un contexte local rêvé. «A Toulouse, vous êtes dans une ville dynamique où le rugby passe avant le foot, remarque Fabrice Landreau. Mais, il ne faut pas oublier que le club était à deux doigts de la faillite au début des années 90. Avec le duo Novès-Bouscatel, Toulouse a su se structurer et réussir à prendre le virage du professionnalisme». Rien d’étonnant selon David Auradou. «A Toulouse, le cœur économique de la ville bat autour du rugby, le club n’a pas à chercher ses partenaires bien loin. Je ne sais pas si les entreprises sont autant intéressées par notre sport en Ile-de-France.»

Pour l’instant, Paris ne boxe donc plus dans la même catégorie que son adversaire. Pourtant, Fabrice Landreau veut croire que la capitale puisse rivaliser avec le Capitole dans un futur proche. «Avec le nouveau Jean-Bouin, le Stade Français va enfin disposer de son stade digne de ce nom en 2012. Le centre de formation commence aussi à se structurer, détaille l’actuel entraîneur de Grenoble. Max Guazzini est en train de bâtir pour l’avenir. Ca ne sera peut-être pas cette année, mais je vois bien le club revenir au premier plan dès la saison prochaine». En attendant, les coéquipiers de Sergio Parisse ont déjà à venger ce cinglant 29-00 infligé par les Toulousains en mars dernier. Avec leurs moyens du moment.