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Mondiaux: Cancellara peut-il voir double?

Mondiaux: Cancellara peut-il voir double?

CYCLISMELe Suisse pourrait devenir le premier coureur à gagner les deux titres mondiaux...
Romain Scotto

Romain Scotto

Encore une fois, «son moteur est prêt». Plutôt ironique vis-à-vis des soupçons de dopage mécanique, le Suisse donne, à sa manière, des nouvelles de ses mollets. Son seul outil de travail, jusqu'à preuve du contraire. A la veille des championnats du monde de Geelong, en Australie, Fabian Cancellara est pourtant un coureur intrigant. A 29 ans, «Spartacus» pourrait devenir le coureur le plus titré de l'histoire des Mondiaux en cas de victoire au bord du Pacifique. Encore faut-il qu'il en ait réellement les moyens, si ce n'est la motivation.

Dans son placard, le Suisse ne sait plus vraiment quoi faire de ses maillots arc-en-ciel du chrono. Il l'a déjà reconnu, et se raccroche à une autre portière pour aller de l'avant. En s'imposant jeudi sur le contre-la-montre, puis dimanche lors de la course en ligne, il deviendrait le premier coureur à réussir le doublé. «Ecrire l'histoire du cyclisme m'intéresse, livre le Bernois à la presse suisse. Je serai en course pour ce défi. Personne ne l'a jamais réussi et j'en rêve.» Lors des derniers JO de Pékin, seul l'Espagnol Samuel Sanchez, vainqueur de la course en ligne, (Rebellin, initialement 2e, avait été déchu pour dopage) l'avait empêché de bisser.

Un coup de bluff sur la Vuelta?

Sur le chrono, Cancellara semble toujours sans rival s'il court à fond jusqu'à la ligne d'arrivée. En revanche, sur l'épreuve en ligne, d'autres coureurs plus rapides au sprint pourraient cette fois le piéger. Voilà en partie pourquoi Laurent Brochard, le dernier champion du monde français (1997), ne croit pas vraiment à un doublé. «Sur le chrono, je veux bien, même s'il n'était pas transcendant sur le Tour d'Espagne. Après, la course en ligne, c'est autre chose. Je ne pense pas qu'il puisse s'extirper dans le final. Et si ça arrive en petit groupe, il n'a pas la pointe de vitesse pour s'imposer.»

Lors de la Vuelta, sa 3e place sur le dernier chrono, puis son abandon, l'avant-veille de l'arrivée, avaient surpris. Battu par Velits et Menchov, il s'était dit «fatigué» et avait émis des doutes sur sa présence en Australie. «Moi, je pense qu'il a bluffé, analyse Stéphane Augé, le coureur de Cofidis. S'il a dit qu'il n'était pas bien, c'est pour mieux ressurgir aux championnats du monde. Il est capable du doublé. Sinon, il n'aurait même pas fait le voyage.» A son arrivée en Australie, le Suisse a d'ailleurs vite pris ses marques. 4e d'une course de préparation, remportée par Pozzatto, c'est lui qui a dynamité le peloton dans le final en multipliant les attaques. Pas rassasié, il s'est ensuite infligé des cessions de contre-la-montre sur la route de son hôtel, pendant que ses adversaires récupéraient pour encaisser les effets du décalage horaire. Quand on avance avec un moteur, il faut bien prendre le temps de le rôder.