Laurent Blanc, le 5 août 2010 à Paris lors d'une conférence de presse.
Laurent Blanc, le 5 août 2010 à Paris lors d'une conférence de presse. — B.Guay / AFP

FOOT

Laurent Blanc : «Montrer qu'ils peuvent avoir leur mot à dire pour la suite»

Le sélectionneur a donné sa liste pour le match amical en Norvège le 11 août...

Quarante-cinq minutes de questions-réponses pour sa première annonce de liste. Laurent Blanc a pris le temps détailler le choix des 22 joueurs convoqués pour Norvège-France (où comme prévu ne figurent pas les 23 joueurs présents en Afrique du Sud). Loin des pirouettes rhétoriques de son prédécesseur, le nouveau sélectionneur a fait la part belle aux joueurs de Ligue 1 (16 sur les 22 convoqués).

>> Une annonce de liste à revivre en live ici


Cette liste est à forte coloration Ligue 1. Faut-il en tirer des enseignements pour la suite?

Elle est très Ligue 1 parce que j'ai pris la décision de me passer des 23 mondialistes. Beaucoup de joueurs vont fêter leur première sélection, c'est une bonne chose et une opportunité pour eux de prouver leurs qualités. Ils ont l'occasion de montrer qu'ils peuvent avoir leur mot à dire pour la suite.

Et si vous n'aviez pas écarté les 23, combien de joueurs figurant sur cette liste en feraient partie?

Je ne sais pas. Mais même si je m'étais donné la possibilité de sélectionner les 23 de la Coupe du monde, certains de cette liste seraient tout de même là. Il y en aurait moins, il faut être honnête. Mais certains entrent dans ma réflexion depuis que je suis devenu sélectionneur.

Avez-vous eu la tentation de prendre des champions d'Europe des moins de 19 ans?

A aucun moment. Ils ne sont pas prêts encore. Félicitations à eux. On va les surveiller, mais il est encore trop tôt pour penser à eux.

Avez-vous eu l'occasion de parler avec Philippe Mexès, qui n'était plus appelé sous Raymond Domenech?

C'est déjà fait. Je lui ai parlé lors du tournoi de Paris la semaine dernière. Depuis qu'il évolue à la Roma, il démontre les qualités d'un grand défenseur. Il existe un décalage entre ses performances en club et en équipe de France. J'ai dit à Philippe : «Le train est passé une fois. Pour de multiples raisons, tu n'es pas monté à l'intérieur. S'il repasse une seconde, n'hésite pas à le prendre cette fois.»

Certains membres du gouvernement ne souhaitent pas voir Karim Benzema sous le maillot bleu en raison de sa mise en examen. Quel est votre avis à ce sujet?

Ma réaction, je l'ai donnée en donnant ma liste (où figure Benzema). Même s'il n'est pas dans les meilleures conditions physiques et psychologiques, il m'était important de le convoquer. Karim peut faire partie du noyau de l'équipe de France dans les années à venir. J'ai pris une décision sportive, sa vie privée ne me regarde pas.

Un mot sur la sélection de Guillaume Hoarau?

Il a un profil atypique par sa taille. Il peut être très important pour le collectif. Il est grand, généreux dans l'effort et pas maladroit techniquement. Il m'apparaît comme un joueur intéressant pour le futur.

Debuchy et Trémoulinas sont des latéraux qui aiment participer au jeu. C'est le signe que vous souhaitez insuffler un nouveau style de jeu plus porté vers l'avant?

Vous savez, tous les latéraux participent au jeu offensif maintenant. Debuchy et Trémoulinas ont cette qualité, ils ont surtout un gros volume de jeu qui leur permet d'attaquer et défendre. Ils le démontrent tous les samedis. Et c'est vrai, j'aime avoir des joueurs défensifs qui participent au jeu offensif. Cela fait partie de ma philosophie de jeu.

Accepteriez-vous d'être privé des 23 mondialistes pour les matchs de septembre si jamais ils devaient être sanctionnés vendredi par le conseil fédéral?


Pour l'instant, il n'y a rien de décidé. Il y a une commission d'information qui va rendre son rapport, le conseil fédéral décidera certaines choses. Après on avisera. Je n'ai aucun élément qui permette de dire qui j'aurai à disposition le 3 septembre contre la Biélorussie.

Allez-vous peser pour qu'il n'y ait pas sanction?

Mais je ne peux pas anticiper sur le conseil fédéral. Attendez ses décisions. Pour l'instant, on n'en sait rien. Il ne faudrait pas qu'en voulant punir, pour solder l'épisode - dramatique - de l'Afrique du Sud, on se pénalise pour l'objectif suivant : l'Euro 2012. J'espère avoir toutes les forces disponibles pour atteindre cet objectif. Il n'y a que la victoire qui peut gommer ce qui s'est passé en Afrique du Sud.