Oscar Tabarez: «On n'a pas à être suspicieux»
MONDIAL2010•Le sélectionneur uruguayen assure ne pas redouter de décisions favorables au Ghana, le dernier représentant du continent organisateur...Antoine Maes
De notre envoyé spécial à Johannesburg,
Comment expliquez-vous le succès des équipes sud-américaines dans cette Coupe du monde?
Déjà, en tant que coach sud-américain, c'est une pensée réconfortante. Mais ce n'est pas une surprise. Les qualifications sur ce continent sont de plus en plus dures. Si on veut s'en sortir, il faut un sacré potentiel. C'est pour ça qu'on a joué un si grand rôle jusqu'à maintenant. Et je suis d'accord avec Sepp Blatter quand il dit que les sud-américains ont une plus grande identité nationale. Notre pays n'a pas eu de victoire depuis très longtemps. Mais on a une grande culture du foot. Bien plus grande que dans d'autres pays. Je ne veux pas les citer, mais vous pouvez les imaginer. Le premier cadeau de noël, c'est un maillot. J'espère que le monde regardera un peu plus notre petit pays, parce que ce n'est pas habituel.
Le Ghana est devenu la coqueluche de l'Afrique. Redoutez-vous l'hostilité du public, voire les décisions arbitrales qui favoriseraient le dernier représentant du continent qui organise la compétition?
On ne veut pas penser à une issue comme ça. Les affaires d'arbitrage ne sont pas sur notre agenda. Les meilleurs arbitres du monde sont là, ils l'ont tous montré dans leur championnat. Aucun arbitre n'est stupide, il joue aussi pour aller en finale. Mais quoi qu'il arrive, on devra l'accepter. On ne devrait pas passer notre temps à ouvrir les parapluies. On n'a pas être suspicieux. Quant à l'ambiance, on vit à Kimberley, et les Sud-africains de là-bas nous ont montré énormément d'hospitalité et d'amour.
Pour entrer dans le dernier carré, êtes-vous dépendant de votre duo d'attaque Forlan-Suarez?
Ils ont montré ce qu'ils savent faire. Mais il n'ont pas de responsabilité particulière. On ne leur demandera rien de particulier par rapport à d'habitude. Demain ne fait pas exception. On leur demande de jouer dans l'équipe, pour l'équipe. Si nos rêves doivent se réaliser, c'est que tout le monde aura fait un grand match.
Pour l'Uruguay aussi, qui n'a plus disputé une demi finale depuis 1930, le résultat de demain peut être historique...
Si j'y pense trop, je vais être submergé. Je n'ai pas envie de m'occuper de la dimension historique. Penser à autre chose pendant le match nous ferait perdre notre concentration. Je sais juste qu'on a un travail à faire. C'est un exercice mental. L'histoire, on en parlera peut-être plus tard.



















