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Coupe du monde: Un Vittek de pointe

Coupe du monde: Un Vittek de pointe

MONDIAL2010Lâché par Lille, attaquant d'un club turc de seconde zone, Robert Vittek est l'invité surprise du Mondial...
Antoine Maes

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Johannesburg,

Robert Vittek est un anachronisme. Il est lent, il n’est pas endurant, son dernier passement de jambe remonte à 1997, et il ne fera jamais aucune publicité pour du gel. Oui mais voilà, il est le meilleur buteur de la compétition, en compagnie de David Villa, Gonzalo Higuain et Luis Suarez, avec trois buts. «La page la plus noire du football italien», comme le disait la Gazzetta delle Sport, c’est le Slovaque qui l’a tourné tout seul, en plantant deux des trois buts de son équipe contre la Squadra Azzura.

Au Real à 17 ans
Reprenons. Robert Vittek a grandi à Bratislava. Il y a enchainé les buts (47 en 101 matchs avec l’immense Slavia local). Ca lui vaut un transfert à Nuremberg, où il continue de planter (16 buts en 17 matchs). Son genou l’envoie une année complète à l’infirmerie, mais le Losc s’en fout, et il rejoint le Nord en 2008. Un journaliste de son pays racontait partout que sans une fragilité de son articulation, le grand Robert aurait rejoint le Real Madrid à 17 ans. Mais chez les Dogues, le Slovaque souffre du syndrome Anelka. Incapable de suivre la cadence de Frau, Gervinho ou Hazard aux avant-postes, il passe son temps à décrocher. «C'est un attaquant à l'ancienne. C'est sûr que sa qualité première, c'est pas la vitesse. Mais il sent les coups. Et son crochet, du droit ou du gauche, il fait très mal», explique Rio Mavuba, son capitaine dans le Nord. Résultat: peu de buts, mais l'impression que ce gars-là on a quand même vachement sous le pied.

«C’est grâce à Roger Lemerre»
N’empêche, il ne faut pas pousser Rudi Garcia très longtemps pour qu’il accepte de le prêter à Ankaragücü en janvier dernier. Avec Jérôme Rothen pour l’alimenter en caviar, Robert Vittek va préparer son coup fumant au fin fond de la Turquie. «Il est arrivé en pleine forme grâce à Roger Lemerre (l'entraîneur d' Ankaragücü). C’est un bon finisseur, avec un bon travail de corps et de jambes. Ca va lui permettre de trouver un club d’un meilleur standing qu’Ankaragücü», expliquait récemment le gaucher du PSG à RMC. Oui, mais non. Car le buteur de la «Repre» est allé un peu vite en besogne en signant un contrat de deux ans en Turquie, contre 2,1 millions d’euros. Imaginez qu’il abatte à lui tout seul les Pays-Bas en 8e de finale lundi: on trouvera bien quelqu’un pour exfiltrer le héros du mondial.