00:56
Un Léon Marchand à temps partiel aux championnats d’Europe de natation ? Pas de panique, il y aura matière à vibrer
grand bassin•Léon Marchand a préféré alléger son programme aux championnats d’Europe de Paris, privant en partie le public de sa principale attraction. Mais la grande fête n’est pas forcément plombée d’avanceWilliam Pereira
L'essentiel
- Les épreuves du grand bassin des championnats d’Europe de Paris 2026 commencent ce lundi et sont marquées par l’absence partielle de Léon Marchand, qui ne pourra pas nager sur ses distances fétiches (200 et 400 m quatre nages).
- Le spectacle n’est pas mort-né pour autant. Léon Marchand tentera sa chance sur 200 m papillon et 400 m nage libre, et la natation française aura d’autres belles chances de médailles cette semaine.
- Parmi les autres têtes d’affiche, Maxime Grousset, bien que lui aussi diminué, Yohann Ndoye-Brouard et Marie Wattel seront attendus. Sans oublier les talents émergents comme Mary-Ambre Moluh et Sauveur Cristofini.
A quoi ça tient, le malheur ? Un adducteur froissé pendant les championnats de France pour l’idole nationale et un programme allégé aux championnats d’Europe de Paris, sans ses distances fétiches au programme (les 200 et 400 m quatre nages). « A deux ou trois semaines près, ça aurait été, regrette Léon Marchand. Donc on peut dire que le timing est plutôt mauvais. »
De quoi porter un coup, avant même son coup d’envoi, à cette grand-messe que beaucoup rêvaient en réminiscence des JO de Paris 2024. Ne clouons pas son cercueil trop vite, non plus : Marchand sera présent vendredi puis dimanche, sur 200 m papillon et 400 m nage libre, et peut-être ce lundi soir, si d’aventure le relais 4x200 m venait à avoir la bonne idée de se qualifier pour la finale en fin de matinée. Et puis, aussi, surtout, il y aura d’autres nageuses et nageurs à même de décrocher des médailles pour combler au moins un peu le vide laissé par le roi Léon.
Maxime Grousset, la blessure pour se réinventer (50 m papillon et nage libre, 100 m papillon et nage libre)
Dans la famille des champions du monde français diminués pour les Europe de 2026, on demande Maxime Grousset. Le Calédonien, inscrit sur quatre épreuves individuelles cette semaine, n’a pas fait dans la demi-mesure. En pleine préparation au mois de juin, son pied le lâche : fracture du métatarse et entorse. Le tarif pour cette blessure rendue célèbre par Neymar est l’immobilisation du pied pendant plus d’un mois.
Grousset a donc pris son mal en patience, bossé sur le haut du corps et la visualisation - comprendre de la méditation et de la préparation mentale. « Au début, on fait des respirations. Après, il y a un moment où on essaye de visualiser le vide… C’est compliqué de visualiser le vide ! »
Un peu abstrait, mais il semblerait que la méthode ait porté ses fruits. « Finalement, quand j’ai repris, j’ai tout de suite été bien. Je manquais un peu d’explosivité, mais au niveau de la coordination, c’était pas mal. » Le double champion du monde en titre continue de se classer en outsider, mais l’optimisme est de retour. « Certes, je n’ai pas fait la meilleure préparation possible. J’arrive en outsider […] mais je n’enlève pas la possibilité de faire des très bons championnats. » Alors peut-être ?
Yohann Ndoye-Brouard a de grandes ambitions (100 et 200 m dos)
Contrairement à Marchand et Grousset, le dossiste des Dauphins d’Annecy avait déjà épuisé son quota malchance avant de débarquer aux championnats d’Europe. Une commotion cérébrale avant les championnats de France et une blessure au dos (en jouant au golf) avant ça ne l’avait pas empêché de faire un carton plein sur la scène nationale.
Libéré des pépins, Yohann Ndoye Brouard est donc idéalement placé pour confirmer son statut de nageur de classe internationale. Médaillé de bronze sur 100 m et 200 m dos aux Mondiaux de Singapour en 2025, il vise encore plus grand aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Dans cet agenda ambitieux, les championnats d’Europe de Paris font office de point d’étape.
« Le but c’est de se placer le plus haut possible sur ce podium, a-t-il confié à nos confrères de RMC. Si je peux gagner cette année, je vais pouvoir le faire l’année prochaine puis lors de l’année des JO. C’est un process. Si je veux gagner à Los Angeles, il faudra gagner avant et je pense qu’il faut commencer maintenant. »
Mary-Ambre Moluh, décollage imminent (50 m dos et nage libre, 100 m dos)
Au moment de dresser le bilan des championnats de France, le DTN des Bleus Denis Auguin n’avait pas le sourire aux lèvres, mais il notait, parmi les rares satisfactions, « le bond en avant » de Mary-Ambre Moluh, elle aussi triple championne de France, avec records nationaux à la clé dont la meilleure performance de l’année sur 100 m dos en 58"25.
La nageuse de l’US Créteil doit cette amélioration à sa nette progression physique, même si elle veut et doit encore s’épaissir pour devenir une référence au sein de la délégation française. Les championnats d’Europe semblent tout désignés pour lui servir de tremplin.
Sauveur Cristofini, la nouvelle attraction (200 m nage libre)
Tout le contraire de Moluh. A 16 ans, le futur phénomène annoncé de la nage tricolore, est plutôt du genre en avance physiquement avec son mètre 90 et son 50 de pointure. Un monstre athlétique pas encore abouti mais suffisamment pour effrayer les adultes et même éclater quelques-uns des plus illustres records de précocité.
Double champion de France sur 200 m et 400 m nage libre cet été, Sauveur Cristofini a fait mieux que Léon Marchand en décrochant un titre national à seulement 16 ans et sept mois. Marchand, dont il avait déjà broyé le record national des 16 ans sur 400 m 4 nages en signant un chrono de 4'12''90, contre 4'17''25 à l’époque pour le champion olympique. Philippe Lucas tient entre ses mains un nageur spécial, que le grand public aura l’occasion de découvrir cette semaine à Saint-Denis. Faire connaissance avec l’avenir, c’est moins bien que l’or de Léon Marchand, mais c’est pas mal, non plus.
Auraient pu être cités : Marie Wattel, Beryl Gastaldello, les relais…



















