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On vous raconte de l’intérieur l’histoire des derniers finishers de l’UTMB

VIDEO. UTMB 2025 : On vous raconte de l’intérieur l’histoire des derniers finishers du plus grand ultra-trail au monde

ReportageParmi les 1.664 coureurs devenus finishers de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (170 km et 9.600 m de dénivelé positif), entre samedi et dimanche à Chamonix, certains ont dû jusqu’au bout lutter contre les barrières horaires de la course (46h45 au final)
UTMB 2025: Découvrez l'ambiance d'un ravitaillement décisif pour les derniers coureurs
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB, 170 km et 9.600 m de dénivelé positif) s’est déroulé de vendredi à dimanche autour de Chamonix, entre la France, l’Italie et la Suisse.
  • Parmi les 2.492 participants à cette 22e édition, 1.664 sont devenus finishers de ce « Graal » de l’ultra. Après son suivi de la course des élites, 20 Minutes a décidé d’aller à la rencontre, dimanche à l’aube, des traileurs à la limite des barrières horaires et de leurs proches.
  • Le reportage vidéo se déroule à Trient (Suisse), au cœur d’un ravitaillement particulièrement chaleureux, au km 145 de l’UTMB.

De notre envoyé spécial à Chamonix,

Voici un décor de carte postale hors du temps auquel n’ont pas eu droit Tom Evans, Ruth Croft et tous les athlètes capables de boucler leur UTMB 2025 (170 km et 9.600 m de D +) avec entre 19 heures et 30 heures d’efforts. Ce petit coin de paradis se trouve à Trient (Suisse), lorsque le lever du soleil offre une vue et des lumières magistrales sur les montagnes, avec en fond sonore les cloches d’une atypique petite église rose.

Mais pour mériter ce timing idéal, en arrivant donc au km 145 de la plus prestigieuse course d’ultra-trail au monde entre 6 et 8 heures le dimanche, il faut avoir le goût du risque. Car 8 heures est la barrière horaire pour des coureurs ayant déjà traversé deux nuits sur les sentiers autour du Mont-Blanc. Avec dans les pattes 38 heures de course (la barrière horaire finale est à 46h45), ils ont conscience du tournant que représente Trient, à « seulement » 25 km de la délivrance à Chamonix environ.

Pas mal comme spot de petit dej un dimanche matin, non ?
Pas mal comme spot de petit dej un dimanche matin, non ? - J. Laugier / 20 Minutes

« On ne t’a pas dit, tu as battu François D’Haene »

En vue d’un reportage vidéo sur l’UTMB ci-dessus, 20 Minutes a décidé de passer ces deux heures à Trient à observer et à échanger avec des traileurs flirtant autant avec les limites du chrono que de leur corps. Ampoules à tout-va, visage blême, fatigue généralisée extrême, beaucoup d’entre eux débarquent au ravitaillement de Trient en proie au doute, avant une montée coriace de 4 km jusqu’aux Tseppes. Mais en entrant dans l’immense tente dédiée aux coureurs et à leurs proches assurant l’assistance depuis vendredi soir, l’ambiance n’est plus du tout aussi paisible qu’au niveau de l’église.

Ici, en plus de soupes, bananes et gâteaux secs, ils peuvent se réchauffer avec LA bande-son de leur aventure. Tous les titres peuvent résonner en eux, entre Résiste de France Gall, Ma Gueule de Johnny Hallyday, La Bohème de Charles Aznavour, et ce You’ll never walk alone cher aux supporteurs de Liverpool. Avec un challenge ici : filer avant la diffusion d’un cruel Voilà c’est fini de Jean-Louis Aubert à 8 heures tapantes. On a pu rencontrer dans ce décor si fascinant Nicolas Algisi (40 ans), Alexandre Metayer (39 ans) et Yannis Dartois (51 ans), auteur d’une sieste d’exactement 13 minutes dans une pelouse, loin du tumulte de l’intérieur du ravito.

Notre dossier sur l'UTMB

Juste avant de quitter Trient, Yannis est interpellé par son meilleur ami. « On ne t’a pas dit, tu as battu François D’Haene, il a abandonné il y a longtemps », lui lâche-t-il dans un franc sourire. Tous les trois seront bien pour la première fois finishers, le dimanche après-midi, de leur « Graal » de vie sportive.