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Séverin Lüthi, le presque entraîneur de Roger Federer

Séverin Lüthi, le presque entraîneur de Roger Federer

TENNISSon rôle auprès du numéro un mondial reste un mystère...
A.P.

A.P.

De notre envoyé spécial à Roland-Garros


Roger Federer n'a besoin de personne ou presque. Depuis 2003 et sa séparation avec l'entraîneur de ses débuts, le Suédois Peter Lundgren, le Suisse n'obéit qu'à lui-même en dehors de quelques conseils occasionnels prodigués par l'ancien coach de Lendl et Hewitt, l'Australien Tony Roche. Depuis trois ans, un homme occupe de façon plus ou moins officieuse la fonction d'entraîneur: Séverin Lüthi (34 ans). Si son nom ne vous dit rien, pas d'inquiétude, le CV de cet ancien 622e mondial (en octobre 1995) tient en deux lignes: ami et compatriote de sa majesté Federer.


Pour les observateurs du circuit ATP, le rôle de Lüthi, reste un mystère. Ami, confident, intendant: les qualificatifs ne manquent pas pour le définir, sauf celui d'entraîneur. Interrogé en début de semaine sur son rôle auprès de lui, Roger Federer s'est étonne du manque considération de son «coach». «Certains pensent qu'il est entraîneur à mi-temps avec moi, mais ce n'est pas le cas, rectifie-t-il. Depuis 3 ans, il voyage avec moi à plein-temps, il travaille très bien. Il n'a peut-être pas entraîné beaucoup de joueurs, mais il a l'expérience de la Coupe Davis notamment et c'est un excellent coach». Le numéro un mondial oublie juste de préciser qu'il est pour beaucoup dans la nomination de Lüthi à la tête de l'équipe helvétique.


«On ne le considère pas à sa juste valeur»


A demi-mot lors de cette conférence de presse, Roger Federer a enfin officialisé enfin le rôle de Lüthi. Mais à observer les entraînements du tenant du titre, il n'y a aucun doute à avoir: Federer reste son propre patron. Toujours placé en retrait, Lüthi, n'a rien d'un mentor et livre quelques conseils à son joueur, uniquement quand ce dernier le sollicite. «On ne le considère pas à sa juste valeur parce qu'il ne parle pas beaucoup. En tout cas, il ne vous parle pas beaucoup à vous», ironise un Federer qui verrouille au maximum la communication de ses proches.


En dehors des périodes de Coupe Davis, les déclarations de Lüthi sont aussi rares que les défaites de Federer à Wimbledon. Et quant il décide de l'ouvrir, il s'agit presque toujours de défendre son ami et protégé sur son manque d'implication supposé avec l'équipe suisse. Loin d'être frustré par son rôle, Lüthi assume et revendique sa discrétion: «La star, c'est le joueur. Ce qui compte pour moi, c'est sentir que ça passe avec lui. Et je crois que c'est le cas». A observer Roger Federer évoluer sur un court, difficile de lui donner tort.