Record de points en NBA : A Los Angeles, le « roi » LeBron James n’éclipsera jamais Kobe Bryant
REPORTAGE•« 20 Minutes » est allé à la rencontre de joueurs amateurs à Venice Beach et Inglewood, alors que LeBron James est devenu cette semaine le meilleur scoreur de l’histoirePhilippe Berry
Du respect, de l’admiration, mais pas d’adulation. En dépassant le record de Kareem Abdul-Jabbar, mardi, pour devenir le meilleur marqueur de tous les temps en NBA, LeBron James est entré dans l’histoire. Une performance saluée par ses pairs, mais aussi par les fans des Lakers, avec qui l’enfant d’Akron dispute sa 5e saison. Mais même si personne n’a dominé autant d’aspects du jeu avec une telle régularité, à Los Angeles, il n’y a pas de débat : le « G.O.A.T », le « greatest of all time », reste Kobe Bryant, le héros parti trop tôt, qui a offert cinq titres NBA aux Lakers en vingt saisons.
Ce qu’a fait LeBron, « c’est dingue, et le plus fou, c’est qu’il n’a pas fini », lâche Craig en reprenant son souffle après avoir mis la misère à des adversaires d’une tête de moins que lui sur le goudron de Venice Beach, mercredi. Clarissa, qui enchaîne les 3-points comme Steph Curry, acquiesce. « C’est phénoménal, pour lui, et pour la ville .»
« Kobe sera toujours le G.O.A.T pour LA »
Alors, LeBron ou Kobe, qui est le plus fort ? « Sur le jeu, les points, les chiffres, LeBron. Les stats parlent d’elles-mêmes, il n’y a pas de débat », juge Craig. « Mais si vous demandez à la ville, Kobe sera toujours le G.O.A.T pour L.A. », assure-t-il. « J’étais là quand les Lakers ont gagné back to back to back (en 2000, 2001 et 2002 avec Shaquille O’Neal, et en 2009 et 2010 avec Pau Gasol) », continue Clarrisa. « Je suis obligé de dire Kobe. »
A 15 km de là, sur un terrain d’Inglewood payé par Dwight Howard, Richard – 18 ans et 1m88 – répète ses gammes. Son rêve de jouer un jour chez les pros s’est éloigné après une blessure à la main. Comme les jeunes de la série documentaire de Netflix Last Chance U, il espère encore rejoindre un « JUCO » (junior college) pendant deux ans pour tenter ensuite de passer en « D1 », le plus haut niveau universitaire.
Comme Craig, il reconnaît que LeBron James est « plus complet » que Kobe Bryant. « Mais Kobe a toujours été là, LeBron est juste venu » à Los Angeles, continue-t-il, résumant un sentiment partagé par beaucoup.
Un bilan décevant
Sans compter que le bilan du King James avec les Lakers est loin d’être royal. A l’exception du titre de l’étrange saison de 2020 dans la bulle Covid de Miami, qui n’a pas vraiment fait vibrer les Angelenos, c’est morne plaine : pas de playoffs en 2019 et 2022, une élimination au premier tour en 2021, et une triste 13e place actuelle à l'ouest. « Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais ils ont besoin de retrouver une âme d'équipe », soupire Clarissa.
James a insisté pour recruter Anthony Davis, quitte à hypothéquer l’avenir de l’équipe, mais des blessures à répétition n’ont jamais permis au duo de dominer sur la durée. Et on ne parle du fiasco Russell Wesbrook, dont les Lakers se sont séparés jeudi, au profit du meneur de Minnesota D’Angelo Russell. James espérait retrouver son ancien coéquipier Kyrie Irving, finalement parti à Dallas, alors que le front office des Lakers a, cette fois, refusé de céder à la pression publique de sa star.
Au mieux, ce remaniement pourrait permettre aux Lakers de rêver aux playoffs, mais clairement pas de prétendre au titre, surtout face à des Suns renforcés par Kevin Durant. A tel point que certains spéculent déjà sur une option nucléaire : et si LeBron James demandait à être tradé l’été prochain ? Au moins, Los Angeles aura toujours Kobe Bryant.


















