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Garcia en mode « Fighting Caro » pour aller chercher la finale du Masters

Masters WTA : « La différence, c’est son attitude »… Garcia en mode « Fighting Caro » pour remporter le tourno

tennisLa Française, victorieuse de Daria Kasatkina samedi, va disputer les demi-finales du Masters féminin ce dimanche soir
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Caroline Garcia, victorieuse de Daria Kasatkina samedi soir, dispute la demi-finale du Masters féminin ce dimanche face à Maria Sakkari (22h30).
  • La Française, mal embarquée samedi dans ce match couperet, a fini par s’en sortir en appliquant la méthode qui lui a souri pendant l’été : ne pas dévier de sa ligne de conduite offensive, même lorsque la rencontre semble lui échapper.
  • Cet état d’esprit, insufflé par le coach Bertrand Perret ces derniers mois (avant d’annoncer son départ il y a quelques jours), est celui qui doit porter Garcia vers des sommets encore plus hauts.

Edit : Cet article a été publié après la qualification de Caroline Garcia en demi-finale du Masters.

Oubliez « Flying Caro », c’est plutôt la version « Fighting » que Caroline Garcia propose au Texas dans ce Masters de fin d’année. Opposée à la Russe Daria Kasatkina samedi soir dans un match couperet pour atteindre les demi-finales, la Lyonnaise a dû se bagarrer, surtout contre elle-même après une première heure complètement de travers, pour l’emporter en trois sets (4-6, 6-1, 7-5) et gagner le droit de poursuivre l’aventure. Une qualification dans la douleur, mais révélatrice finalement de sa grande avancée de l’année : cette capacité nouvelle à ne jamais dévier de sa ligne de conduite, offensive et agressive.

C’est donc ça, la maturité ?

« Ça démontre encore un peu plus que cette année était définitivement bonne, a-t-elle observé après cette victoire à l’arraché. Ça me conforte dans mon style de jeu et le fait que je doive continuer dans cette voie et à me battre. » Depuis sa banlieue lyonnaise, Muriel Merolle n’a pas loupé une miette de cette bataille intérieure. L’ex-coach de Garcia chez les jeunes a beaucoup crié devant sa télé, délivrant conseils et encouragements que la numéro 6 mondiale ne pouvait pas entendre. Mais difficile de se retenir, bien sûr. La directrice de l’ASUL Tennis Villeurbanne est impressionnée par la maturité montrée par son ancienne protégée :

« « La différence [avec ces dernières années], c’est clairement cette attitude, le fait de pas renoncer. Elle avait tendance à se frustrer très vite et perdait le fil de son jeu. Là, on voit une grosse consistance, même quand elle fait des fautes, que ça ne fonctionne pas, elle arrive à se calmer. Elle n’a plus de doute par rapport à ce qu’elle doit faire sur le court. » »

Caroline Garcia aurait pourtant eu toutes les raisons d’exploser, samedi. Quand elle a lâché quatorze des seize derniers points du premier set alors qu’elle menait 4-2, balle de 5-2, par exemple. Ou quand elle a laissé filer six balles de break à 4-4 dans la troisième manche, au terme d’un jeu interminable. Au contraire, c’est le dernier qu’elle laissera à son adversaire. « J’ai bien progressé là-dessus cette année, accepter quand ça ne passe pas. Je me suis sauvée de pas mal de matchs comme ça, explique la joueuse. J’ai essayé de mettre ça de côté et j’ai réussi à faire un super jeu de service. »

Le fait que la demi-finaliste de l’US Open soit parvenue à conserver cette attitude lors de ces WTA Finals est d’autant plus intéressant qu’elle n’est plus accompagnée par Bertrand Perret. L’entraîneur alsacien, architecte du renouveau de celle qui était retombée à la 79e place mondiale en début de saison, a décidé à la surprise générale de couper les ponts quelques jours seulement avant de s’envoler pour Fort Worth. C’est lui qui avait réussi à infuser chez la Lyonnaise cette confiance en son style de jeu. Il avait apparemment bien bossé, puisqu’elle lui a survécu.


« Elle a trouvé cette confiance, et ce paramètre est vraiment la base de tout pour un joueur de tennis », observe Muriel Merolle. Des propos qui résonnent avec ceux de Felix Auger-Aliassime depuis Bercy. Demi-finaliste du Rolex Paris Masters après avoir enquillé 16 victoires d’affilée en l’espace d’un mois, le Canadien expliquait vendredi la différence entre la confiance conjoncturelle, qui peut vous tomber dessus le temps d’un tournoi ou deux, et celle structurelle, qui reste parce qu’elle s’appuie sur quelque chose de solide. Sacrément intéressant :

« On pense que la confiance c’est comme quelque chose en l’air, que l’on ne peut pas nommer ou pointer du doigt, mais je me souviens après avoir battu Djokovic à la Laver Cup m’être dit : je veux savoir pourquoi j’ai réussi à gagner, et pas juste parce que c’était un bon jour et que j’étais sur un nuage. Non, je voulais savoir quelles améliorations j’avais faites, qu’est-ce qui avait vraiment fonctionné dans mon jeu pour que j’arrive à battre un joueur comme lui. J’ai pensé à mes entraînements, aux choses qui marchent et à celles que j’ai encore à améliorer, et j’ai ressenti un truc profond, une grande confiance sur des choses concrètes dans mon jeu et j’ai essayé de capitaliser là-dessus et de vraiment continuer à jouer de cette façon-là, avec beaucoup de conviction. »

« C’est devenu une marque de fabrique »

Sûr que Caroline Garcia souscrirait à cette observation sans trop se faire prier. Elle correspond bien en tout cas au ressenti de son ex-coach. « Ce n’est pas aléatoire, un coup de temps en temps ou un match qui passe comme ça. Elle a passé un cap, cette façon d’aller de l’avant est devenue une marque de fabrique », estime Muriel Merolle. Une sorte de signature, rendue possible par un physique à toute épreuve depuis que son corps la laisse tranquille et, surtout, des progrès considérables à la volée, juge l’ancienne mentor.

A 29 ans, Caroline Garcia, dont les observateurs ont longtemps attendu le décollage, ne doit plus se fixer de limites. Confrontée à la Grecque Maria Sakkari dès ce dimanche soir (22h30), elle va devoir faire avec ses « jambes lourdes » et la dynamique bluffante de son adversaire depuis le début de la semaine. Avant, quel que soit le résultat de cette demi-finale, de viser très haut la saison prochaine. « Elle doit avoir l’objectif de remporter un tournoi du Grand Chelem, aucun doute là-dessus », annonce Muriel Merolle, qui sera encore au soutien devant son poste. En plus, elle se sera chauffé la voix juste avant avec le choc OM-OL. « Le timing est parfait, ça va être une grande soirée », imagine la Villeurbannaise en se marrant. C’est tout ce qu’on lui souhaite, comme dirait l’autre.