PSG - Nice : Lionel Messi, le retour du « GOAT » ?

FOOTBALL Lionel Messi a réalisé 60 minutes de haut vol contre l’OGC Nice. Il a ouvert le score d’un amour de coup franc. Peut-il redevenir le meilleur ?

William Pereira
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Messi face à Nice le 1er octobre 2022
Messi face à Nice le 1er octobre 2022 — Aurelien Morissard/AP/SIPA

Ça n’a pas échappé aux petits malins d’internet. Au moment où Lionel Messi s’est élancé pour frapper son coup franc à la demi-heure de jeu, les panneaux publicitaires postés derrière le but de Kasper Schmeichel ont affiché le mot GOAT. Du nom d’un des sponsors du PSG, qui est aussi un acronyme bien connu dans le monde du sport : « Greatest Of All Time ». Le meilleur de tous les temps. Une demi-seconde plus tard, le ballon venait caresser en douceur les filets niçois sans que le gardien danois n’ait eu son mot à dire dans l’affaire. Comme beaucoup avant lui, il s’est contenté de tourner la tête pour accompagner le chef-d’œuvre. « Moi je l’ai vu de derrière, raconte Marquinhos en zone mixte. J’ai vu le ballon passer, et le gardien n’a même pas bougé. C’est exceptionnel. »


En ce qui nous concerne, on peut dire qu’on y était, qu’on a vu Messi marquer un coup franc depuis le stade, et que c’était beau. Il y a dans la trajectoire bombée de la balle une élégance impitoyable, un peu à la manière d’un coup droit gagnant de Roger Federer. Et un anachronisme aussi délicieux. Les coups francs de Messi sont ceux de Maradona, Platini, Zico, par opposition aux canonniers modernes Juninho et Cristiano Ronaldo. L’Argentin a refusé d’entrer dans l’ère du missile balistique, sans doute pour des raisons physiques et parce que de toute façon, la puissance ne l’a jamais vraiment intéressé. Sauf éventuellement celle de ses appuis.

« Il est bien dans sa tête, il est heureux »

Les jambes de Lionel Messi, parlons-en. Ok, il y a toujours, à un moment du match, un Mario Lemina pour le rattraper à grandes enjambées et lui coller un coup d’épaule de déménageur, comme pour dire « t’es bien gentil avec tes accélérations, mais t’as 35 piges, vieillard ». Il n’empêche qu’en première période, il n’y avait pas grand monde pour piquer le ballon à ce type qui rentrait à peine des Etats-Unis.

Trop vif, trop près du ballon avec sa légendaire conduite de balle Super Glue, trop intelligent, aussi : sur son premier ballon, il élimine en un contrôle et à l’aveugle deux Niçois venus le presser dans le dos avant de lancer Hakimi en profondeur. Le nec plus ultra de la vista. Quant à Melvin Bard, il doit encore se demander ce qui lui est arrivé en première période. Le latéral niçois s’est littéralement retrouvé sur le cul face au multiple Ballon d'Or, mais il faut presque le voir comme un honneur. On n’assiste pas tous les jours à la renaissance d’un dieu.

Pendant que l’on s’extasie, Christophe Galtier, lui, se frotte les mains.

« J’ai une chance incroyable de le voir tous les matins à l’entraînement, a déclaré l’entraîneur parisien après la rencontre. Il est bien dans sa tête, très heureux. Il anime le jeu et est très généreux. Il avait l’habitude de marquer beaucoup de buts mais la saison dernière, il avait des circonstances atténuantes. Là, il reprend goût à marquer. »

Laisser tomber son abonnement aux poteaux, ça aide. Leo Messi a déjà inscrit cinq buts en Ligue 1, soit seulement un de moins que sur le précédent exercice.

Messi de retour au plus haut niveau

Peut-on rêver de revoir la meilleure version de l’Argentin cette saison ? Galtier n’exclut aucune hypothèse, et va même plus loin. « Il s’est bien préparé, la relation qu’il a avec ses partenaires dans les séances d’entraînement laisse penser qu’il est heureux et quand il est heureux, il est performant et retrouve les standards qu’il a eus tout au long de sa carrière. Est-ce qu’il peut redevenir le meilleur joueur du monde ? Oui. » Sa dynamique actuelle pousse à l’optimisme. Cinq buts en trois matchs, quand bien même il y a la Jamaïque et le Honduras dans le lot des victimes, c’est plutôt pas mal. Et si les panneaux GOAT n’étaient qu’un signe annonciateur du miracle à venir ?