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Auteuil se montre pour ne pas disparaître
FOOT•Les Authentiks et les Supras, supporters de la tribune Auteuil se sont présentés en conférence de presse quelques jours avant que le gouvernement décide ou non leur dissolution. Un fait rarissime...Matthieu Payen
«Il y a deux jours, je vous aurais dit que je n’avais pas peur d’aller au stade, mais maintenant que je me suis montré aux caméras, c’est différent». Hooman garde le sourire, mais il sait qu’en endossant le costume de porte-parole des Authentiks et en acceptant de se prêter au jeu de la conférence de presse, il prend un risque. «Ils peuvent me reconnaître, me retrouver et s’en prendre à moi.» “Ils”, ce sont les quelques supporters violents de la tribune d’en face, celle de Boulogne. Des supporters qui vivent dans la rancœur depuis que l’un des leurs s’est fait tuer lors d’incidents en marge du match PSG-Marseille du 28 février. Le paroxysme d’une saison de violences entres les deux tribunes ennemies du Parc des Princes.
Si Hooman a pris ce risque, c’est «pour en finir avec le racisme et la violence», affirme-t-il. Christophe Uldry, porte-parole des Supras, eux aussi installés dans la tribune Auteuil, explique la démarche: «Nous devons donner un coup de pied dans la fourmilière. Normalement, les Ultras restent discrets et ne portent pas plainte. Mais là nous avons décidé de dénoncer publiquement ces violences et de les porter devant la justice. Ca va trop loin. Un homme est mort et il n’y a pas de différence qu’il soit de chez nous ou de Boulogne.»
Ils iront au Stade de France
Mais cette opération transparence a surtout pour objectif de sauver les associations de supporters de la tribune Auteuil. Impliquées dans plusieurs actes de violence cette saison et menacées de dissolution par le ministère de l’Intérieur, celles-ci se sont attaché les services d’avocats afin de démonter les accusations portées contre elles. «Le projet de dissolution repose sur un dossier vide, assure Me Frédéric Rollin, en charge de la défense des Supras. Certains des huit griefs imputés n’ont aucun sens. Par exemple, il est reproché à mes clients d’avoir tenté de dégrader des grilles séparatives face à Vesoul. Contre Monaco, il est reproché d’avoir introduit des engins pyrotechniques dans le stade. Si on interdit les associations pour ça, il ne va plus y avoir grand monde dans les stades.» Par contre, les supporters de la tribune ont provoqué de violents incidents autour de la gare Saint-Charles lors du déplacement à Marseille.
Pourtant, l’heure n’est pas à l’optimisme. Mardi, les associations passeront devant la Commission nationale consultative de prévention des violences dans les stades et la partie n’est pas gagnée. «La Commission a ainsi refusé de nous accorder un peu plus de temps pour préparer notre dossier», regrette Me François Gilbert, qui défend les intérêts des Authentiks. Ensuite, même si la Commission émet un avis de dissolution défavorable, il n’est pas sûr qu’il soit suivi par le gouvernement. «Il y a un effet d’annonce, s’inquiète Me Frédéric Rollin. Le gouvernement ne reviendra probablement pas sur une décision qu’il a probablement déjà prise.» Et en attendant la fin de ce feuilleton judiciaire, les deux associations ont décidé de se rendre au Stade de France le 1er mai pour assister à la finale de la Coupe de France. Après s’être montrés, ces supporters vont devoir faire profil bas.


















