Laurent Blanc: «Pas le temps de s'apitoyer»

FOOTBALL L'entraîneur girondin veut relancer ses joueurs à Nancy...

Lauren Horky à Bordeaux

— 

Laurent Blanc, l'entraineur des Girondins de Bordeaux, lors du match contre Monaco, le 10 février 2010
Laurent Blanc, l'entraineur des Girondins de Bordeaux, lors du match contre Monaco, le 10 février 2010 — Olivier Pon

48 heures après la défaite à Lyon, Bordeaux doit déjà se remettre aux affaires courantes en recevant Nancy samedi à 19 heures. Une chance, selon l’entraîneur bordelais.  

Vous vous apprêtez à affronter Nancy en championnat samedi, avant de retrouver Lyon mercredi en Ligue des champions. Est-ce compliqué à gérer?

Cela fait partie de notre métier. A un moment donné on ne peut plus reculer les matchs, il faut bien les jouer. Mais comme on a fait des contre-performances, jouer trois ou quatre jours après, ça n’est pas plus mal.  Au moins, il faut de suite rebondir et penser au match suivant. Ça ne laisse pas le temps de s’apitoyer, mais ça n’empêche pas non plus de faire des analyses.

Restez-vous sur votre première bonne impression d’après-match, mardi à Lyon ?

Oui, même si bien sûr le score ne le reflète pas. On peut regretter nos errances défensives, mais dans le jeu, dans les enchaînements offensifs, je le confirme : je pense que cela a été notre meilleur match en 2010. Dans les yeux des joueurs, dans leurs têtes, il y a énormément de frustration. Ils ont le sentiment, à juste titre, d’avoir fait un bon match, pourtant ils l’ont perdu. En défense, on a manqué de concentration et on a fait des erreurs de placement qui à ce niveau ne pardonnent pas. Je pense même que Lyon aurait pu en profiter davantage. Mais eux aussi ont connu quelques errements dans ce secteur et on aurait pu aussi bien finir à 3-3, 4-3, 4-4…

Mais il faudra faire avec un 3-1...

Ce score semble lourd, étant donné notre prestation, et donne une réelle option à Lyon. Si l’on veut s’en sortir, il faudra réaliser un match parfait, même si ça n’apportera pas pour autant une quelconque garantie. Mais avant de s’y plonger, il y a Nancy. Celui contre Lyon, on aura tout le temps d’y penser. Je sais que c’est LE match qui vous intéresse. Pour nous, c’est un match très important aussi. Mais avant ça il y a le championnat. Et ce match peut conditionner, non seulement celui de mercredi, mais aussi toute notre fin de saison.

Dans ces conditions, n’y a-t-il pas un risque de passer au travers?

Vous le savez comme moi, je n’arriverai pas à leur faire occulter le match de mercredi.  Mais on veut faire en sorte qu’il soit le plus loin possible de leur esprit samedi. Si on veut réaliser le match parfait contre Lyon, il faut d’abord gagner contre Nancy. La meilleure des préparations pour les gros matchs, que ce soit en L1 ou en Ligue des champions, c’est la victoire. Il n’y a pas à se poser de questions, d’autant plus on a besoin de prendre des points en championnat. On a enchaîné deux défaites, lourdes, il faut vraiment rebondir et goûter à nouveau aux joies de la victoire. Comme je l’ai dit à mes joueurs, il faut avoir horreur de la défaite et surtout ne pas s’y habituer. Enfin si vous voulez jouer au plus haut niveau, avec des objectifs élevés…

Serez-vous malgré tout tenté de faire tourner contre Nancy, en prévision du match retour contre Lyon ?

Il y a des choses à faire mais je ne peux pas me permettre de protéger certains joueurs sans avoir un souci de performance contre Nancy. On est bien placé en championnat et on veut rester là où on est. Donc on ne peut pas se permettre de galvauder ce match.

A quel genre de match vous attendez-vous, sachant que Nancy n'a plus rien à jouer?

Je sais qu’on aura besoin de toute notre concentration, toutes nos qualités, d’abord pour le jouer, puis pour prendre des points. En football, il faut aller chercher les choses. On ne vous donne rien et c’est la même chose pour toutes les équipes. Face à un adversaire qui n’a plus rien à espérer, ou plus rien à craindre, comme c’est le cas pour Nancy, ils n’auront rien à perdre à Bordeaux. Il faut rester méfiant et être capable de penser, notamment avec ce que j’ai vu à Lyon, que l’on est capable de gagner contre cette équipe à domicile.