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Jason Lamy-Chappuis: «Maintenant, c'est que du bonus»

Jason Lamy-Chappuis: «Maintenant, c'est que du bonus»

INTERVIEWLe champion olympique du combiné nordique vise un deuxième titre, jeudi, sur grand tremplin...
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

De notre envoyé spécial à Whistler,


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Après son titre décroché sur le petit tremplin, le Français a déjà réussi ses Jeux. Il aurait bien aimé offrir à se coéquipiers une médaille par équipe, mardi, mais déjà, le militaire de Bois d'Amont doit se reconcentrer sur la deuxième épreuve individuelle, prévue jeudi. Avec de nouveaux espoirs de titre, sur un grand tremplin qui met en valeur toutes ses qualités...


Cette quatrième place par équipe peut-elle avoir des conséquences sur votre dernière épreuve?

Non, pas du tout. C'est décevant pour le groupe en général, mais il y a encore une belle course à faire. Personnellement je suis content de mon saut parce que je n'avais pas de bonnes conditions. Ensuite, en fond, j'ai pu tenir Moan à distance. Donc je suis plutôt content et confiant pour jeudi. Le moral est bon, même si sur le coup on était déçus. Il faut relativiser.


Sur grand tremplin, vous avez encore plus de facilités. Vous devez être encore plus confiant pour l'épreuve de jeudi...

Sur un grand tremplin, on se fait plus plaisir. Pour les bons sauteurs, c'est mieux. Mais c'est aussi un tremplin qui ne tolère pas les erreurs. Il faudra être bon.


Mentalement comment se relance-t-on après avoir connu l'émotion d'un titre olympique?

C'est vrai que quatre-cinq jours après la médaille, c'était assez mouvementé. On a envie de profiter mais il faut se motiver. Quand on voit tout le monde à fond, on est obligé d'être à 100%. Moi, le fait de voir les autres comme ça, ça m'a tout de suite remis dedans. Le par équipe m'a bien motivé et aisé à me remettre dedans, à me reconcentrer comme il faut. Si cela avait été une épreuve individuelle, j'aurais pu lâcher un peu.

Qu'avez-vous fait pendant les jours qui ont suivi la victoire?

On a fait les touristes à Vancouver. On est allé voir un match de hockey, le lendemain on a loué des vélos, on s'est baladés dans Vancouver, on a fait Stanley Park. On n'a pas eu le temps d'aller dans Chinatown mais la prochaine fois, on ira.

Vous devez encore avoir des images plein la tête...

Ce qui m'a le plus ému, c'est quand j'ai revu ces images. Ça m'a donné des frissons, j'avais l'impression de voir la course de quelqu'un d'autre. Quand on est dans la course, on est tellement concentré sur ce qu'on a à faire qu'on ne se rend pas compte de ce qui arrive.

Dans quel état d'esprit êtes-vous maintenant. Vous êtes délesté d'un poids?

Oui voilà, j'étais venu ici avec un objectif de médaille. Maintenant, j'ai rempli mon objectif et ce qui arrive n'est que du bonus.

Toutes ces sollicitations vous ont-elles surprises?

Finalement ce qui m'a le plus surpris, c'est que ça n'a pas changé. Je n'ai pas l'impression d'avoir changé plus que ça. C'est un titre, c'est sûr. Tout le monde m'a dit: «tu verras ça change des choses». Mais pour l'instant, je ne vois pas le changement. Peut-être à Bois d'Amont. J'ai vu des vidéos de la salle polyvalente qui était bondée. Quand on va rentrer, ce sera la fête. Sinon, les médias américains s'intéressent plus à moi. Ils aiment bien les histoires comme celle là. Le fait que je sois né aux Etats-Unis, que je fasse du sport. C'est plutôt sympa.

Que vous a dit Nicolas Sarkozy au téléphone?

Il m'a dit qu'il avait vu mon saut, qu'il avait trouvé mon finish extraordinaire. On a discuté de la course. J'étais touché de son appel. Savoir qu'il suit le combiné nordique, ça m'a impressionné.