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Quand le PSG devient insupportable
FOOTBALL•Face à Lorient, les Parisiens ont été lâchés par leur public...Romain Scotto
A Paris, les défaites sont aussi décevantes qu'elles rendent schizophrène. Dans les tribunes du Parc, il n'y avait pas grand monde pour soutenir la bande à Makelele, samedi soir. Balayée 3-0 en une mi-temps par Lorient, elle a poussé les kops d'Auteuil et Boulogne dans ses retranchements, les forçant à entonner quelques chants d'un nouveaux genre. La compilation «spéciale crise» du Parc des Princes, en quelque sorte. En vrac: «Et un, et deux, et trois zéro», «Et ils sont où les Parisiens?», «Une équipe à Paris». Le tout, en saluant chaleureusement chaque remplacement adverse et en accompagnant de «olé» les passes des visiteurs.
«Se faire chambrer par son public, c'est compliqué, souffle Antoine Kombouaré, abattu après le nouveau naufrage des siens. Les "ola", quand vous êtes joueurs...» Pas la peine de terminer la phrase. Pour faire face aux sifflets et aux insultes, le coach parisien propose pourtant une solution simple: «il faut être capable de venir ici, mettre les boules Quiès et être très fort mentalement», analyse celui qui, pour la première fois, a entendu les «Kombouaré, démission!», descendre des tribunes.
Reprise lundi à huis clos
L'actionnaire principal, Colony Capital, a lui aussi reçu un accueil maison. Le message du Parc est clair: Il faut «déColonyser» le club, pour sauver «un monument en péril.» «Dans un tel environnement, c'est compliqué, enchaîne le coach. Je comprends qu'ils soient déçus et qu'ils invectivent tout le monde. Je suis entraîneur, je sais que, quand on perd, les gens se retournent contre nous.» Même discours dans la bouche du président, Robin Leproux, très remonté contre les joueurs. «Ils ne peuvent pas accepter ce qu'on a vu. Je les comprends. On est ravis d'en avoir 35.000 qui se lèvent quand on marque des buts. Quand on perd 3-0 au Parc, il faut être capable d'accepter les critiques.» Voire les débordements.
Samedi soir, les membres de la tribune Auteuil ont tenté d'envahir la pelouse en franchissant la fosse avec une barrière métallique. Les stadiers ont juste eu le temps de les freiner. A la fin du match, Claude Makelele, s'est lui frotté aux mécontents, à l'entrée du tunnel, où il a essuyé quelques invectives. Entre le club et ses supporters, le dialogue semble rompu. Dimanche matin, le décrassage a même été annulé pour éviter toute confrontation. La reprise de l'entraînement, lundi après-midi, s'effectuera au Parc des Princes, à huis clos. A l'abri des regards, et des insultes, cette fois.



















