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L'essai très concluant de Benjamin Fall

L'essai très concluant de Benjamin Fall

« Il aurait pu faire n'importe quel sport, il aurait réussi. Il est doué, tout simplement. » Quand Jacques Langlois voit débarquer Benjamin Fall dans son école de rugby du Stade Langonnais, il y a cinq ans, il comprend qu'un destin peu ordinaire atte...
Rémi Bostsarron

Rémi Bostsarron

« Il aurait pu faire n'importe quel sport, il aurait réussi. Il est doué, tout simplement. » Quand Jacques Langlois voit débarquer Benjamin Fall dans son école de rugby du Stade Langonnais, il y a cinq ans, il comprend qu'un destin peu ordinaire attend cet enfant du pays. L'actuel ailier de l'Aviron bayonnais est alors âgé de 16 ans, il est déjà doté d'un physique solide (1,86 m, 90 kg aujourd'hui), mais il n'a jamais manié le ballon ovale et n'imagine pas dominer un jour le classement des marqueurs d'essais du Top 14, comme il le fait aujourd'hui (5 essais en 7 journées. « Son père aurait aimé qu'il fasse du basket, comme lui, mais il a suivi un pote qui se lançait dans le rugby, raconte Jacques Langlois. Il s'est pris au jeu et a tout compris très vite, plus vite que tous les jeunes de son âge. Il avait à la fois envie d'apprendre et envie de s'amuser. »

S'amuser, Benjamin Fall y arrivera sans problème, surtout aux dépens des défenses adverses. Dès son premier match, contre Tyrosse, il bluffe tout le monde en marquant un essai venu d'ailleurs. Rapidement, son nom se répand dans le Sud-Ouest et parvient au CA Bègles, club formateur de renom, qui l'engage dès 2006. Là encore, son ascension est vertigineuse : après seulement un an passé en équipe Crabos (catégorie junior), il est lancé en Pro D2, sous le maillot de l'Union. « Quand on lui a annoncé qu'il allait jouer, il n'a montré aucune appréhension, se souvient l'entraîneur bordelo-béglais Frédéric Garcia. C'est l'une de ses grandes forces : il est complètement décomplexé. »

En quelques matchs, le jeune homme gagne ses galons de titulaire. Une performance, surtout qu'il ne s'entraîne pas avec ses coéquipiers. Intégré au Centre national du rugby, il passe ses semaines à Marcoussis, voie royale pour intégrer (avec un an d'avance) l'équipe de France des moins de 20 ans. Auteur de trois essais lors de la Coupe du monde de la catégorie en 2008, il a laissé une forte impression au sélectionneur Philippe Sella, qui le voit bien revêtir dans peu de temps un autre maillot bleu, celui des grands. « J'ai commencé en équipe nationale à vingt ans, alors je suis mal placé pour dire que ce serait trop rapide pour lui, glisse-t-il. S'il gagne en constance et s'il renforce son exigence défensive, il peut atteindre le très haut niveau. » « Il ne vaudrait mieux pas qu'il soit appelé dès cette saison, tempère Jacques Langlois. Je pense qu'il a la trempe d'un Bastareaud, mais je ne voudrais pas qu'il lui arrive la même chose. Il faut encore le protéger. » Proche ou non d'embrasser un destin international, Benjamin Fall, qui a signé l'an dernier un contrat de trois ans avec Bayonne, reste peu enclin à la vantardise. « Il est venu nous voir jouer en début de saison, et il nous a juste parlé de nous, confie Laurent Ferrères, son ex-capitaine à l'Union. Il n'est pas du genre à se prendre la tête. S'il garde cet état d'esprit, il ira loin. » W