Pour tout comprendre sur les enjeux de l'audition de Renault devant la FIA

EN BREF L'écurie de Formule 1 pourrait bien disparaître des circuits...

La rédaction sport

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Le pilote Renault Nelson Piquet (au premier plan), suivi par son coéquipier Fernando Alonso lors du Grand Prix de Singapour, le 27 septembre 2008.
Le pilote Renault Nelson Piquet (au premier plan), suivi par son coéquipier Fernando Alonso lors du Grand Prix de Singapour, le 27 septembre 2008. — T.Wimborne/REUTERS

Lundi matin, Renault comparaît devant le Conseil mondial de la FIA dans le cadre de l'affaire du GP de Singapour 2008. Certes, les deux principaux responsables, Flavio Briatore et Pat Symonds, sont partis. Ces derniers auraient demandé au pilote Nelson Piquet Jr de causer un accident pour favoriser la victoire de Fernando Alonso. Malgré cela, l'écurie risque l'exclusion du circuit à cause de cette affaire qui jette un peu plus le doute sur la crédibilité de la F1, après l'affaire des nouveaux réglements. Il sera aussi intéressant de suivre la réaction de Carlos Ghosn, le patron de Renault, qui en pleine crise économique n'avait pas besoin d'une telle publicité.

Les auditions débutent lundi à 9h30 à la FIA, place de la Concorde à Paris. Le point sur la situation:

Qui va parler?

Renault, par les voix de Bernard Rey président de l'écurie et Jean-François Caubet  directeur de la communication, va plaider coupable devant le Conseil mondial de la FIA. Ce Conseil mondial est composé de vingt-six membres, dont Max Mosley, président de la FIA et Bernie Ecclestone président de la FOM (formula one management) qui promeut la Formule 1. Fernando Alonso a aussi reçu une convocation pour ces auditions. En revanche, Flavio Briatore n'envisagerait pas de venir.

Que risque Renault?

Les départs de Flavio Briatore et de Pat Symonds n'effacent pas tout. Renault a enfreint l'article 151 c du Code sportif international condamnant «tout procédé frauduleux ou manoeuvre déloyale de nature à nuire à la sincérité des compétitions ou aux intérêts du sport automobile.» Les sanctions de la FIA s'échelonnent du retrait de points jusqu'à l'exclusion définitive. «Le code prévoit cela. Une exclusion pour toujours. Fini. Terminé. C'est ce qui pourrait arriver de pire», prévient Max Mosley, le patron de la FIA. Il reste aussi des mesures intermédiaires, comme l'amende pécuniaire.

Renault peut-elle encore se sauver?

La Formule 1 a perdu Honda la saison dernière et pourrait bientôt perdre BMW. A ce train-là, ils ne seront bientôt plus nombreux à accepter de se plier aux règles changeantes de la FIA. Renault est un des piliers de la Formule 1 depuis 1977. Il est donc probable que l'écurie n'écope que d'une forte amende, à l'instar de MacLaren-Mercedes qui s'est délesté de 100 millions d'euros en 2007 pour avoir espionné Ferrari. La faute de Renault est cependant nettement plus grave.

Comment peut réagir Renault?

Renault est en crise. 2,7 milliards de perte au premier trimestre 2009, des usines en chômage technique, ça fait réfléchir les actionnaires. Surtout lorsqu'il s'agit d'investir près de 300 millions d'euros dans une écurie de F1 qui ne rapporte qu'une réputation de perdant (Renault est 8e sur 10 au classement constructeur) et, pire, de tricheur. Pour le moment, Carlos Ghosn n'a pas souhaité prendre position. Une conférence de presse du constructeur doit se tenir à l'issue de l'audition devant la FIA.