Les arbitres favorables aux plans à cinq

FOOTBALL L’expérimentation de l’arbitrage à cinq plaît aux hommes en noir...

Matthieu Payen
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L'arbitre français laurent Duhamel (à droite), lors du match de Ligue des Champions entre Manchester United et Aalborg, le 10 décembre 2008.
L'arbitre français laurent Duhamel (à droite), lors du match de Ligue des Champions entre Manchester United et Aalborg, le 10 décembre 2008. — SIPA

 «A mort l’arbitre» devient «A mort les arbitres». Pour le premier tour de Ligue Europa, l’UEFA expérimente l’arbitrage à cinq. Une initiative souhaitée depuis longtemps par Michel Platini.

 

Cette évolution satisfait les hommes en noir. «C’est très positif. Ca va nous faciliter la vie en réduisant le nombre d’erreurs», se réjouit Saïd Ennjimi, interrogé par football.fr, qui a testé le système en 2008 lors de l’Euro des moins de 19 ans. Ces erreurs souvent ultra médiatisées sont la hantise des arbitres. «Si grâce à ça, on parle moins de nous dans la presse, j’applaudis des deux mains», s’enthousiasme Philippe Kalt. Les deux sifflets supplémentaires seront situés de chaque côté du terrain derrière les cages, avec une mission, faire la police dans la surface de réparation. «L’arbitre supplémentaire aura le champ de vision opposé à celui de l’arbitre central, explique l’ancien arbitre international Bruno Derrien. Ce système peut avoir un effet dissuasif sur les joueurs.» Cet aspect préventif est central pour l'UEFA. «Si le nouvel arbitre peut discuter avec deux joueurs échaudés en évitant la sanction, ça donnera une image plus positive du football», espère Marc Batta, directeur national de l'arbitrage.

 

A cinq oui, mais sans vidéo

 

Ce test pourrait devenir la règle si les résultats satisfont le Board, l’organisme en charge des lois du jeu, quasi inchangées depuis leur création. Il reste cependant quelques problèmes à résoudre. Il conviendra de s’assurer que les supporters – dont les plus teigneux sont souvent placés derrière les buts – ne puissent pas atteindre les arbitres avec des projectiles. «Il va falloir prévoir des scaphandres», s’amuse Bruno Derrien. Stéphane Lannoy, qui officie en Ligue des champions, se montre plus optimiste: «Je suis un doux rêveur, j'ose espérer que les mentalités vont évoluer. Quand on va au stade, c'est pour voir un spectacle.»

Saïd Ennjimi s’inquiète quant à lui de l’inaction du poste: «C’est délicat de rester concentré pendant 90 minutes alors qu’au final, il n’y a que deux ou trois situations dangereuses.» Marc Batta rappelle néanmoins que les arbitres additionnels peuvent se dégourdir les jambes: «Ils ont le droit de pénétrer dans la surface de réparation à condition de n'avoir aucun joueur dans leur dos.» Enfin, il sera nécessaire de se pencher sur les moyens de communication: «Les nouveaux arbitres n’auront ni sifflet, ni drapeau, seulement un micro-oreillette. Gare à la cacophonie», prévient Bruno Derrien.

 

Au-delà de toutes ces précautions à prendre, les arbitres ne sont pas dupes. Ils savent que l’erreur reste humaine et que les fautes d’arbitrage ne disparaîtront jamais. Même en cas d’introduction de la vidéo. Une autre évolution qui n’est pas pour tout de suite, Michel Platini y étant farouchement opposé.