Qui es-tu Robin Leproux?

FOOTBALL Ce quinquagénaire prend les rênes mercredi du PSG, un poste où d’ordinaire on ne fait pas de vieux os...

Matthieu Payen

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Robin Leproux, président du PSG Sébastien Bazin, lors de la 6e conférence annuelle sur les médias, le 12 octobre 2003 à Paris. 
Robin Leproux, président du PSG Sébastien Bazin, lors de la 6e conférence annuelle sur les médias, le 12 octobre 2003 à Paris.  — MEIGNEUX/SIPA

 Mais que vient-il faire dans cette galère? Robin Leproux était jusque-là un homme d’affaires à qui tout réussit ou presque. A 50 ans, il a déjà participé au développement de Polygram, lancé une filiale chez M6 et redressé la radio RTL. «C’est un homme très actif, ouvert, qui réagit vite aux attentes», s’enthousiasme Eugène Saccomano, que le jeune dirigeant a fait venir sur RTL en 2001. Certes, il a aussi connu l’échec en 2007, avec la sortie avortée de la version française du magazine Bild, mais pas de quoi le dégoûter.

 
«Il joue au foot chaque week-end»
 
Avec le PSG, c’est un autre monde et un sacré morceau qui l’attend. Le foot, une galère? En apparence, rien ne prédestinait à devenir président de club celui qui s’est vanté dans Le Nouvel Economiste d’être né dans une boîte de nuit et avoir sauté sur les genoux de Johnny. Mais qui se souvient que Jean-Michel Aulas est informaticien de formation? Et puis, le foot n’est pas totalement étranger à Robin Leproux. «C’est un pratiquant. Il joue chaque week-end à Bagatelle», assure Saccomano. Rien à voir avec la jungle du foot pro, diront certains. Oui mais en tant que dirigeant de M6, il a aussi été membre du conseil d’administration des Girondins de Bordeaux. «Il était capable de faire des centaines de kilomètres pour voir l’équipe jouer, alors qu’il était en vacances», se souvient le président bordelais, Jean-Louis Triaud. Un passionné donc, c’est déjà ça.
 
Mais là, c’est le PSG. Le PSG et ses crises sportives récurrentes, le PSG et ses maillots qui ne plaisent pas aux supporters, et surtout le PSG et son actionnaire tout puissant, le fond d’investissement Colony Capital basé à Los Angeles. Galère? «Non, il a déjà vécu ça, selon Saccomano. A RTL, il a su accommoder l’apport de fonds de la famille allemande Bertelsmann à la gestion à la française.» Pourtant, cette fois-ci, notre golden boy se retrouve dans un club où il n’a choisi ni l’équipe dirigeante, ni l’entraîneur, ni les joueurs. Pas de panique non plus à en croire le Pdg de M6, Nicolas de Tavernost: «En tant que dirigeant de sociétés de spectacle, Robin a dû gérer la pression de l’audience, manœuvrer avec des stars et organiser la vente de produits dérivés. Tous ces éléments se retrouvent dans un club de foot.» Un profil adapté, donc. D’ailleurs, s’il se dit très heureux de la nomination d’un de ses anciens protégés, Nicolas de Tavernost sait que Leproux sera un concurrent coriace: «Je lui souhaite de finir le championnat juste derrière Bordeaux. Ce serait ambitieux, tout en restant respectueux», plaisante-t-il.