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« On m'a proposé des postes de pongiste et de handballeur »
Lundi soir, Philippe Billy devrait être au stade Francis-Le Blé pour la rencontre de Ligue 2 opposant Brest et Nantes. « Si je suis toujours dans le coin, je vais demander des invitations, avoue-t-il. C'est sûr, c'est un match qui m'intéresse... » Sa...Recueilli par David Phelippeau
Lundi soir, Philippe Billy devrait être au stade Francis-Le Blé pour la rencontre de Ligue 2 opposant Brest et Nantes. « Si je suis toujours dans le coin, je vais demander des invitations, avoue-t-il. C'est sûr, c'est un match qui m'intéresse... » Sans club depuis la fin de son contrat dans le Finistère en juin dernier, le latéral droit pointe à 27 ans au chômage. Une situation parfois difficile à accepter pour un sportif de haut-niveau, mais que Philippe Billy, qui a fait ses classes plus jeune au FC Nantes, essaie de prendre avec philosophie.
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Comment s'est-il retrouvé au chômage ? « J'ai vécu une année compliquée avec Brest. Toute la saison dernière, ils m'ont mis des bâtons dans les roues [Il n'a disputé que trois matchs de Ligue 2]. Il y a un an, j'avais une piste sérieuse avec un club de Série B en Italie. Le problème, c'est que Brest a discuté de mes salaires sans même m'en informer. Ça a tout fait capoter... Puis peu après, ils m'ont dit qu'ils voulaient que je parte à dix jours de la fin du mercato. Moi, je n'étais plus très chaud. Brest me l'a fait payer par la suite. »
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Comment vit-il l'inactivité ? « Heureusement, je l'ai déjà vécu il y a trois ans en rentrant de Lecce en Italie. A l'époque, j'avais un agent - un vrai charlot - qui ne pensait qu'à ses sous. Il m'avait certifié que tous les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 s'intéressaient à moi. J'ai fini à Laval en National. Cette mauvaise expérience me sert aujourd'hui. Même si ça commence à devenir long. Le milieu du foot fait sa vie et vous oublie. Ou, si, on reprend de vos nouvelles, mais pour savoir si vous n'allez pas libérer votre maison... Concernant les démarches avec Pôle emploi, l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) vous aide. L'autre jour, j'y suis allé. On ne le prend pas bien. Mais on est obligés comme tous les chômeurs. A peine arrivé, j'avais envie de repartir. Le conseiller a ouvert des grands yeux quand il a vu mon profil. Il a tapé sur son ordinateur et il m'a proposé des postes de pongiste et de handballeur. C'est tout ce qu'il avait pour le sport de haut-niveau. A salaire équivalent, il n'a rien trouvé non plus. »
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Comment s'est passé le stage UNFP réservé aux joueurs sans activité ? « C'est génial. On a l'impression d'être dans un vrai club. Il n'y a pas de concurrence entre les joueurs. Tout le monde dispute le même nombre de minutes pendant un match. Après, plus le temps passe, plus certains baissent la tête. Certains sont très inquiets pour leur avenir. Lors de la dernière semaine, j'ai vu des mecs au fond du trou. Ce qui fait mal au coeur, c'est de jouer contre des clubs du Qatar. Tu leur mets 5-0. La plupart des joueurs sont nuls. Mais, eux, ils ont un travail et gagnent beaucoup d'argent... » W



















