Wiggins, grimpeur sur commande

TOUR DE FRANCE 3e au général, le Britannique s'est métamorphosé en un an...

Romain Scotto

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Le coureur britannique de Garmin Bradley Wiggins (à dr.) et le Luxembourgeois de Saxo Bank Frank Schleck dans l'ascension de Verbier, le 19 juillet 2009, sur le Tour de France.
Le coureur britannique de Garmin Bradley Wiggins (à dr.) et le Luxembourgeois de Saxo Bank Frank Schleck dans l'ascension de Verbier, le 19 juillet 2009, sur le Tour de France. — J.Saget/AFP

En apparence, le Britannique a toutes les caractéristiques physiques du grimpeur type. Grand, sec et capable de se dresser sur ses pédales pour relancer la cadence. Presque un Christophe Moreau de la grande époque. Sauf que l’échalas britannique n’a jamais eu l’habitude de se pointer à l’avant du peloton dans les ascensions. Dimanche à Verbier, le coureur de la Garmin a pourtant franchi la ligne avec les meilleurs, en 5e position, grimpant du même coup sur le podium du Tour (3e) à une semaine de l’arrivée sur les Champs.

Pour quelqu’un qui remportait un titre olympique en poursuite, il y a moins d’un an à Pékin, la métamorphose paraît surprenante. Wiggins avance juste une explication: huit kilos perdus en quelques mois et un travail spécifique pour acquérir un coup de pédale pantaniesque. «Vu qu’il a les watts (ndlr, une puissance élevée), c’est tout simple, justifie Vincent Villerius, entraîneur chez Cofidis. Il s’est délesté d’un certain poids et avec la même puissance, il améliore son rapport watt/kilos. C’est pour cela qu’il est plus à l’aise dans les bosses.»

Leader de circonstance chez Garmin

Le coach note aussi un changement d’approche des courses. Celui qu’il considère comme le «meilleur rouleur du peloton» serait devenu plus sérieux. «Quand il était chez nous, les gars disent qu’il faisait les courses un peu comme ça. Un peu tête en l’air. Il n’exploitait pas du tout son potentiel. Maintenant, c’est différent. Il a laissé la piste de côté pour se préparer sérieusement.»

En guise d’avertissement, Wiggins avait déjà frappé sur le Giro et le Tour de Suisse en s’accrochant dans la plupart des cols. Selon Matthiew White, directeur sportif chez Garmin, le rouleur anglais était déjà focalisé sur le Tour, où il souhaitait, à l’origine, épauler son leader Christian Vande Velde. Mais les bonnes dispositions de «Wiggo» ont légèrement changé la donne au sein de la formation américaine.

L’équipe est maintenant contrainte de travailler autour de son nouveau chef de file. «Je serai le meilleur équipier dont peut rêver Wiggins», s’incline Vande Velde. Juste derrière Contador et Armstrong au classement, le Britannique doit désormais prouver qu’il supporter la répétition des efforts en montagne. Est-il capable d’enchaîner les grands cols? «Lui-même ne le sait pas», lâche son directeur sportif, Lionel Marie. Les deux étapes à venir devraient vite le fixer.