Armstrong rit jaune

Pierre Koetschet

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 Lance Armstrong et Alberto Contador lors de la présentation du Tour de France 2009 à Monaco, le 2 juillet 2009
 Lance Armstrong et Alberto Contador lors de la présentation du Tour de France 2009 à Monaco, le 2 juillet 2009 — C.Platiau / REUTERS

 

A 22 centièmes de secondes près, Lance Armstrong a failli réussir un coup parfait: revêtir la tunique jaune qu’il avait abandonnée le 24 juillet 2005, remettre la main sur un bien qui semble lui appartenir plus qu’à aucun autre coureur du tout. Mais pour un souffle, Fabian Cancellara, époustouflante locomotive du train Saxo Bank a réussi à conserver son maillot. «C'est plus qu'incroyable, c'est la fameuse précision suisse», a souri le Bernois. 

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Le «Boss» n’a pas non plus pleuré sur son sort. «C'est décevant de rater le maillot jaune pour des millièmes de seconde, mais j'ai chez moi des dizaines de maillot jaunes», a lâché Armstrong, histoire de montrer qu’il n’était pas un coureur comme les autres, mais le patron d’une course qu’il semble conduire presque à sa main.

«Aujourd'hui, le Tour est fini pour certains coureurs...»

Même s’il ne prend pas le maillot jaune, Lance Armstrong et ses coéquipiers d’Astana réussissent tout de même un coup fumant: enfoncer les équipes de spécialistes comme la Garmin (2e à 18 secondes) ou Saxo (3e à 40 secondes), et surtout, replacer ses leaders au classement général, où les Astana occupent quatre des cinq premières places. Tout s’est donc presque déroulé sans accroc: «Ce matin, j'ai dit à Alberto (Contador): on va tout faire pour gagner l'étape», a raconté Armstrong après la course en soulignant: «Aujourd'hui, le Tour est fini pour certains coureurs...»

Car certains favoris ont perdu très gros dans ce contre-la-montre piégeux et émaillé de chute, notamment celle du vainqueur du Giro, Denis Menchov, 73e au général à 3’52. Pour lui, le Tour est déjà fini. Pour Cadel Evans, deuxième des deux dernières éditions, il n’y a pas beaucoup d’espoir non plus.  A 2’59 de Lance Armstrong au général, l’Australien avait du mal à cacher sa déception en descendant de vélo. «On n'a pas eu de chance. On a pris quelques virages très prudemment. En contre-la-montre individuel, tu peux prendre des risques, grignoter quelques secondes, mais en équipe tu fais ça et toute l'équipe se retrouve par terre.»

Difficile d’imaginer Cadel Evans, pas vraiment un coureur offensif, remonter ce handicap en montagne. «Ce sera dur de remonter le temps, analyse Lance Armstrong. J'ai dit à Alberto: ''Rendons cette course impossible à gagner pour les autres.'' Nous l'avons fait.» Reste maintenant à s’expliquer entre Astana. «On partira tous les deux avec Alberto comme coureurs protégés, et on verra ce qui se passe au sommet à Arcalis (vendredi)», a déjà annoncé Armstrong.