Entre « coup de foudre » et « coup de boule », Zidane encore dans toutes les mémoires

VOTRE VIE VOTRE AVIS L’ancien joueur de l’équipe de France et entraîneur du Real Madrid Zinédine Zidane fête ses cinquante ans. Un demi-siècle bien rempli qui a laissé des souvenirs impérissables aux Français

Mathilde Ceilles
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Zinédine Zidane en février 2022 lors d'une visite dans le quartier de son enfance à Marseille
Zinédine Zidane en février 2022 lors d'une visite dans le quartier de son enfance à Marseille — Clément Mahoudeau / AFP
  • Zinédine Zidane fête ce jeudi ses 50 ans.
  • Une longue carrière marquée par un amour encore vivace de ses fans, qui louent son talent et sa personnalité.
  • Seule ombre au tableau : ce fameux coup de boule, que Zizou dit lui-même regretter.

Ce jeudi est un grand jour, qui devrait être un jour férié pour certains. Zinédine Zidane fête ses 50 ans. Un demi-siècle après sa naissance, force est de constater que l’ancien joueur, au cours de sa longue carrière, a marqué les mémoires. Quand on interroge nos lecteurs sur le sujet, c’est d’abord la virtuosité du footballeur qui demeure dans tous les esprits

« Je me souviens de ses débuts à l’AS Cannes, raconte Pascal. On était déjà admiratif de son talent. » « Pour moi, Zidane, c’est France-Brésil en 2006, confie Diego. J’ai commencé à apprécier le football en voyant sa prestation. C’était lunaire. J’étais en admiration devant la chorégraphie qu’il exécutait. » « Le meilleur joueur de tous les temps, s’enthousiasme Mehdi. Une beauté dans le jeu, une technique comme rarement vu. Mon idole. » « Comment oublier ce but de la tête en finale contre le Brésil, s’interroge Mustapha. Surtout, par où est passé le ballon avant de rentrer dans le but ! »

« Un homme, un vrai »

« C’était à Bordeaux, un soir d’été 1994, relate Olivier. Zidane avait encore des cheveux. C’était dans son stade des Girondins mais pour sa première sélection avec l’équipe de France. Zidane était remplaçant et timide, pas encore Zizou. L’adversaire, c’était la République tchèque que Thierry Roland appelait la Tchéquie. Les Tchèques avaient une très bonne équipe, un coiffeur audacieux et un horrible maillot rayé rouge et blanc. Les Bleus étaient médiocres et menés 2 à 0. Aimé Jacquet rongeait ses ongles sur le banc de touche. Et puis, Zidane est entré. Et puis, Zidane a marqué. Un passement de jambes, une fusée du gauche dans la lucarne, une tête sous la barre. 2 partout. C’était comme un coup de foudre, le début d’une histoire d’amour. »

Outre ses performances sportives, les qualités humaines de Zidane sont louées encore aujourd’hui. « C’est un homme, un vrai, avec des valeurs, un homme humble », lance Karen. « J’ai eu la chance de croiser Zizou lors de mon passage dans l’émission Stade 2 en 1996, explique Francis. Ce jour-là, il y avait Dugarry comme invité principal qui fêtait ses 24 ans. J’étais avec mon neveu qui avait 8 ans à l’époque. Je lui demande s’il veut un autographe de Dugarry. Il refuse. On part donc les premiers du studio. Et dans le long couloir au loin, j’aperçois Zizou. Sans hésiter, je lui lance un : "Salut Zizou ! Ça va ?" en lui tendant ma main. Et grand fut mon bonheur quand il me prit la main pour me saluer en me répondant : "Ça va, merci !". Un grand moment pour moi, gravé à vie »

« Il y a Zidane derrière toi, dans le magasin ! »

« C’était quelques jours seulement après la finale de la Coupe du monde 1998, rapporte Coralie. Avec mon compagnon, nous étions à l’Hypermedia de Vitrolles, ancêtre de Boulanger, pour acheter un téléphone portable. Il faut savoir qu’à l’époque, quand on achetait un portable, on te faisait asseoir derrière un petit bureau, car tu achetais un truc qualitatif. Soudain, je vois mon compagnon complètement interdit. Il me dit : "Ne te retourne pas. Il y a Zinédine Zidane juste derrière toi, dans le magasin !" Il faut savoir la France entière ne parlait que de ça. Evidemment, je me retourne. Et je vois Zidane errer dans les rayons avec son fils Enzo à la main. C’était extrêmement drôle car le magasin était pavoisé de guirlandes à l’effigie de l’équipe de France. Mais c’était tellement invraisemblable qu’il soit là, lui le héros absolu de la Coupe du monde, que personne ne l’a remarqué. »

Coralie comprend toutefois qu’elle vit un moment unique. « J’avais un appareil photo jetable et je lui ai demandé de prendre des photos, poursuit-elle. J’étais très impressionnée, extrêmement émue. J’ai cru que j’allais vomir sur mes pieds. Il avait de très beaux yeux. Et il a accepté de faire des photos. J’ai trouvé qu’il était d’une gentillesse et d’une humilité assez incroyable dans ce contexte. Quand on a commencé à faire les photos, les vendeurs, en entendant le bruit de l’appareil, se sont arrêtés et ont compris que c’était Zidane. Et là, le bruit s’est répandu doucement dans la galerie marchande, et tout le monde a accouru vers le magasin ! Qu’il soit là, dans une galerie commerciale de Vitrolles quelques jours après sa victoire contre le Brésil, ça montre son humilité légendaire. »

« Capable du meilleur comme du pire »

Un tempérament unanimement salué, y compris dans son quartier marseillais d’origine, La Castellane. « Il y a le Zidane des quartiers et le Zidane des stades, s’amuse Lyece Choulak, adjoint au maire du 15-16 et originaire du quartier. C’était pour moi un des grands frères, qui n’oublie pas d’où il vient. Dans les médias, il a l’image du timide. Mais nous, il nous faisait rire. Il était dynamique, moqueur, bon vivant, et déjà leader dans un groupe. Je me souviens d’une scène au collage. Ma classe et la sienne étaient collées. La prof de français crie : "Yazid ! Tu ne vas rien faire de ta vie !". Ça m’a marqué, vous comprenez… »

Une vie entachée par un coup de sang sur Marco Materrazi lors de ce fameux match décisif contre l’Italie lors de la Coupe du monde à Berlin que Zidane paie encore aujourd’hui. « Zidane était capable du meilleur comme du pire, affirme Pierrick. Il pouvait pleurer de joie comme de rage. Sa carrière légendaire s’est effacée à mes yeux un soir de juillet 2006… Une légende ne fait pas cela ! Dommage… » « C’était un homme violent sur le terrain, accuse Jean. Il avait trop de carton rouge pour le poste qu’il a occupé. Il a montré le pire exemple au pire moment. »

Dans une interview accordée ce jeudi à L’Equipe, Zinédine Zidane affirme « ne pas être fier » de ce geste, qui clôt sa carrière internationale. « Ça se termine comme ça, souffle-t-il auprès de nos confrères. C’est dur. Mais c’est ma carrière. L’histoire de ma vie. Comme mes deux buts en 1998 en finale. C’est pour ça que je dis qu’avec les Bleus, ce n’est pas fini. Quelque part, je n’ai pas envie de finir comme ça. Ce n’est pas terminé. » Zizou a donc encore bien des souvenirs à créer…