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DNCG, entraîneur, mercato… Où en sont les Girondins de Bordeaux ?

Girondins de Bordeaux : DNCG, entraîneur, mercato… Où en est le club ?

FOOTBALLTout en préparant son rendez-vous capital de mardi prochain devant la DNCG, les Girondins de Bordeaux avancent leurs pions sur le plan sportif
Clément Carpentier

Clément Carpentier

L'essentiel

  • Gérard Lopez, le propriétaire et président des Girondins, a trouvé un accord de principe avec ses créanciers à quelques jours de passer devant la DNCG.
  • Le club a décidé de prolonger le contrat de son entraîneur, David Guion, malgré la descente. Un choix qui s’explique pour plusieurs raisons, sportives et financières.
  • Les plus fortes valeurs marchandes bordelaises devraient vite quitter le navire puisque les Marine et Blanc vont devoir vendre pour près de 22 millions d’euros d’ici le 30 juin. Le point sur l’effectif.

Le téléphone de Gérard Lopez va-t-il tenir le coup ? Depuis la relégation du club en Ligue 2, il chauffe très sérieusement. Le propriétaire et président des Girondins de Bordeaux est en effet sur tous les fronts ces dernières semaines, avec en point de mire un rendez-vous capital pour l’avenir du club : le passage devant la DNCG, mardi prochain.

En parallèle de ce dossier, les Marine et Blanc doivent aussi avancer sur le plan sportif avec une reprise de l’entraînement, le 23 juin prochain, et du championnat de Ligue 2, cinq semaines plus tard, le 30 juillet. Admar Lopes, le directeur technique qui a été confirmé dans ses fonctions, est en première ligne. En accord avec sa direction, il a d’ores et déjà décidé de reconduire David Guion au poste d’entraîneur.

Un accord de principe avec Fortress et King Street

Mais le dossier le plus chaud reste bien celui des finances aux Girondins de Bordeaux. Selon les informations de 20 Minutes, Gérard Lopez a enfin trouvé un accord de principe avec ses créanciers, les fonds d’investissement américains Fortress et King Street, pour boucler son plan d’affaires pour la Ligue 2. L’accord n’est pas encore total ce mercredi soir car des discussions se poursuivent sur certains détails. L’homme d’affaires hispano-luxembourgeois aimerait par exemple obtenir un abandon partiel (50 %) et temporaire (avec une clause de retour à meilleure fortune) de la dette (50 millions d’euros) alors que ses créanciers ne lui proposent, à ce stade, qu’un gel d’une partie de celle-ci. « En réalité, ce n’est pas si important car c’est avant tout une question d’écriture et de classification vis-à-vis de la DNCG », explique un proche du dossier.

Cela pourrait tout de même avoir son importance, car il s’agit en réalité de jouer sur le taux d’endettement. Un taux que surveille de très près le gendarme financier du football français puisqu’il a des répercussions sur l’état de fonds propres du club. La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que le transfert d’Aurélien Tchouaméni (Monaco) au Real Madrid (80 millions d’euros + 20 millions de bonus) et sûrement celui de Jules Koundé (Séville) dans les prochaines semaines vont permettre de réduire cette dette. Les Girondins avaient négocié des pourcentages à la revente pour leurs deux pépites. Pour le premier, il s’agissait de 10 % sur la plus-value (et non 20 %). Les Girondins espèrent donc toucher au total un joli chèque de 11 millions d’euros (avec les indemnités de formation qui s’élèvent à trois millions d’euros et les bonus).

Au-delà de la dette, la direction doit boucher un trou de 40-45 millions d'euros pour passer la DNCG afin de réussir son « atterrissage » comme l’on dit dans le jargon et de boucler la saison. Pour ça, elle compte sur le parachute de 7 millions d’euros de la LFP pour les clubs rétrogradés et les 8.5 millions d’euros du fonds d’investissement CVC, qui s’apprête à faire son arrivée dans le football français. Elle a aussi prévu de vendre pour 22 millions d’euros d’ici le 30 juin à l’occasion du mercato estival. Enfin, la société Jogo Bonito, propriétaire du club et dont Gérard Lopez et ses associés sont actionnaires, va réinjecter 10 millions d’euros. Pour la saison prochaine, les Girondins devraient présenter un budget prévisionnel de 40-41 millions le 14 juin prochain.

Guion a pratiquement divisé par deux son salaire

Si tout se passe bien au niveau financier, les dirigeants pourront enfin pleinement se concentrer sur le sportif. En attendant, ils avancent tout de même leurs pions. En fin de semaine dernière, ils ont pris la décision de prolonger le contrat de David Guion même si celui-ci a échoué dans sa mission maintien. Si Gérard Lopez et Admar Lopes ont étudié plusieurs pistes (Sacramento, Furlan, Battles, Daf, Der Zakarian…), ce choix s’explique pour plusieurs raisons.

David Guion, l'entraîneur des Girondins de Bordeaux.
David Guion, l'entraîneur des Girondins de Bordeaux.  - Romain Perrocheau / AFP

Tout d’abord, l’ancien entraîneur du Stade de Reims, qui aurait notamment refusé une offre de Saint-Etienne, a proposé de lui-même de diviser pratiquement par deux son salaire (90.000 euros la saison dernière) selon nos informations. Ce n’est pas cette décision qui a fait basculer le choix de sa direction mais son geste est non-négligeable quand on connaît la situation financière du club. Ensuite, David Guion n’a jamais eu de problèmes avec la direction actuelle car il accepte que celle-ci ait un certain droit de regard sur ses choix sportifs. Gérard Lopez aurait par exemple été échaudé par le fait de voir le jeune et prometteur Sékou Mara enchaîner les matchs sur le banc de touche en fin de saison. Il a confié à plusieurs proches qu’il serait beaucoup plus présent au quotidien à partir de la saison prochaine…

D’autres arguments ont aussi joué en faveur du coach manceau. Bordeaux recherchait en effet un entraîneur qui a déjà réalisé une montée (il l’a fait avec le Stade de Reims en 2018) et qui n’a pas peur de lancer des jeunes dans le grand bain. Faute de moyens financiers, les Girondins vont sûrement s’appuyer sur un effectif très rajeuni la saison prochaine en Ligue 2. « On voulait aussi un peu de stabilité car il va y avoir énormément de mouvement au niveau des joueurs, avance un membre de la direction. Lui au moins, il connaît déjà un peu le club et comment on fonctionne, on va gagner un peu de temps là-dessus ».

L’effectif va très vite évoluer

C’est l’énorme chantier de cet été sur les bords de la Garonne, reconstruire un effectif pour tenter de remonter dès la saison prochaine en Ligue 1. Comme le révélait 20 Minutes, les Girondins ne comptent conserver pour l’instant qu’une dizaine d’éléments (Lacoux, Mara, Sissokho, Ignatenko, Gregersen, Briand, Kidjé, Bokele, Bakwa, Mensah et Ahmedhodzic) pour une vingtaine de départs (Costil, Traoré, Adli, Marcelo, Malbec, Mangas, Pembélé, Dilrosun, Elis, Hwang, Oudin, Onana, Maja, Niang, Zerkane, Fransergio, Kwateng, Baysse, Mexer). Dans cette optique, il est d’ailleurs fort probable que le club crée dès la reprise de l’entraînement un loft pour bien faire comprendre à certains qu’ils n’ont plus leur place au château du Haillan et doivent se trouver une porte de sortie.

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De toute manière, les Marine et Blanc vont devoir faire très vite avec cette obligation de vendre pour 22 millions d’euros d’ici le 30 juin. Les premiers à partir seront sûrement les quelques valeurs marchandes de l’effectif. Les Girondins discutent par exemple avec le club anglais de Leeds pour Alberth Elis, comme l’indique L’Equipe. Junior Onana, lui, est suivi de très près en Italie (Milan, Torino, Sassuolo), en Allemagne (Schalke), en Angleterre (Crystal Palace) et en France (Nantes et Lens). En ce qui concerne Ui-jo Hwang, il y a des intérêts de Nantes, Montpellier et Marseille mais le joueur préférait rejoindre l’Allemagne ou l’Angleterre pour poursuivre sa carrière. Bordeaux réclame 5 millions d’euros pour son meilleur buteur, à un an de la fin de son contrat. Le club dispose aussi d’une offre de 4 millions d’euros de Cincinnati (Etats-Unis) pour Stian Gregersen, mais la direction aimerait garder son défenseur norvégien, alors que le joueur est en cours de réflexion sur cette opportunité. Enfin, les postulants ne manquent pas pour Sékou Mara qui brille actuellement avec l’équipe de France U20 (Milan, Lecce, Lyon, Reims, Lens, Cologne et Leverkusen).

Le défenseur Yoann Barbet.
Le défenseur Yoann Barbet.  - GEORGE TEWKESBURY/PPAUK/Shutters/SIPA

Dans le sens inverse et avant de parler de possibles arrivées, les Girondins souhaiteraient lever les options d’achat de deux joueurs : Gideon Mensah et Anel Ahmedhodzic. Pour le premier, cela devrait rapidement être fait. Pour le second, cela dépendra avant tout des ventes dans les prochaines semaines. Selon les informations de 20 Minutes, le club s’apprête aussi à faire une proposition financière à Josuha Guilavogui, prêté ces six derniers mois par le club allemand de Wolfsburg. Mais il y a peu de chances de voir le milieu de terrain faire son retour au Haillan, car il devrait alors faire un immense effort financier pour ça. En revanche, Admar Lopes a d’ores et déjà trouvé un accord de principe avec Yoann Barbet. Formé au club, l’ancien défenseur de Brentford et des Queens Park Rangers devrait attendre maintenant le passage devant la DNCG pour donner son accord définitif. Le directeur technique des Girondins s’intéresse aussi à deux attaquants libres de tout contrat, l’ex-Angevin Stéphane Bahoken et l’ancien Nantais Kalifa Coulibaly.