Sports extrêmes : 500.000 personnes pour le Fise à Montpellier, le festival de deux mondes extrêmes

AVANT LES JO Les meilleurs riders du monde sont de retour à Montpellier. De plus en plus pros, mais très attachés à l’urban culture

Jérôme Diesnis
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500.000 personnes vont assister à la 25e anniversaire du Fise, un événement à mi-chemin entre sport et culture.
500.000 personnes vont assister à la 25e anniversaire du Fise, un événement à mi-chemin entre sport et culture. — Fise
  • Les meilleurs riders du monde sont présents à Montpellier pour le 25e anniversaire du Fise, à compter de ce mercredi et jusqu’à dimanche.
  • 500.000 personnes sont attendues pour cet événement gratuit, à mi-chemin entre sport et phénomène culturel.
  • Enfants de la rue, les urban sport intègrent peu à peu les structures fédérales et olympiques, mais entendent conserver leur culture alternative.

Il est de retour. Après deux ans de purgatoire dus à la pandémie de Covid-19, le Fise va de nouveau mettre le feu aux berges du Lez à Montpellier, à compter de ce mercredi et jusqu’à dimanche. Un événement gratuit et majeur, à mi-chemin entre deux mondes. Sport et culture. Celle issue de la street. « Le cœur du Fise, ce sont les riders, avec leurs codes de rue, leur culture, leurs vêtements, leur musique. On y tient énormément », précise l’organisateur Hervé André-Benoît.

Les sports extrêmes ont conquis un monde nouveau : celui des Jeux olympiques, des structures fédérales. Une reconnaissance et, en contrepartie, un peu plus de cadre dans un monde qui aime s’affranchir des codes. « L’enjeu le plus important, c’est de garder à la fois le côté culturel et le côté sportif, sans qu’il y ait confusion ni opposition, évoque Carlota Dudek, l’un des grands espoirs français du break, discipline olympique à Paris. Autant de la part des disciplines que de la fédération, il y a une grande acceptation de chaque milieu. On construit le projet ensemble. »

« La culture street : on est les garants de cet ADN »

Ces deux mondes qui, longtemps, se sont regardés de travers, se sont découvert des intérêts communs. Un coup de jeune pour les JO et les fédés. Du confort pour les athlètes. « Ce cadre officiel nous a apporté un statut d’athlète de haut niveau, reprend celle qui a représenté la France aux Jeux olympiques de la jeunesse. J’ai pu aménager mes cours par exemple. Il permet un meilleur accompagnement, plus de visibilité et d’intérêt des sponsors. C’est fondamental pour les athlètes »

Avancer sans renier ses racines, la street, la culture urbaine culture, c’est l’enjeu de sportifs qui cumulent des millions de vues sur les réseaux sociaux en véhiculant à la fois les performances sportives et le souffle de liberté.

Enfants de la rue, les sports extrêmes tiennent à le rester. « Il y a 25 ans, on se faisait éjecter des lieux où on ridait. Aujourd’hui, des collectivités comme Montpellier ou la région Occitanie nous permettent de pratiquer notre passion et faire briller ces territoires. C’est un super retournement de situation quand on regarde d’où l’on vient, détaille Alex Jumelin, un mythe du BMX, qui enseigne à la Fise Academy de Baillargues. Mais pour autant, on continue à aller rider dans la rue. C’est notre ADN et on en est les garants. »