Bretagne : Ce surfeur veut mettre en valeur les vagues moches, isolées ou délaissées

SURF Ian Fontaine a tourné la série « Fun first » cet hiver pour montrer le quotidien des surfeurs bretons, souvent confrontés à des conditions houleuses

Camille Allain
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Le surfeur breton Ian Fontaine s'est aventuré sur des spots peu connus à la découverte de vagues isolées et rarement surfées.
Le surfeur breton Ian Fontaine s'est aventuré sur des spots peu connus à la découverte de vagues isolées et rarement surfées. — Gaetan Duque
  • En Bretagne comme partout sur le littoral français, la pratique du surf a explosé ces dernières années, au point de surcharger les spots les plus connus.
  • Pour montrer aux pratiquants qu'il existe une multitude de spots différents en Bretagne, le surfeur Ian Fontaine s'est aventuré sur des «vagues moches» moins connues.
  • Avec son ami Gaetan Duque, il a sorti une série vidéo intitulée «Fun first» pour rappeler aux surfeurs que l'aventure doit primer sur la quête de la vague parfaite.

Il a déjà surfé certaines des plus belles vagues du monde. L’an dernier, il a même passé six mois à Tahiti pour découvrir le spot mythique de Teahupo'o qui accueillera l’épreuve olympique des JO de 2024. Dans une eau turquoise et face à des vagues chaque jour plus parfaites, Ian Fontaine n’a pourtant jamais oublié ce qu’était et ce que redeviendrait rapidement son quotidien. Une quête perpétuelle de vagues pas trop ventées dans une eau qui plafonne souvent à 17 degrés, même en plein été. Installé à Quimper (Finistère), le surfeur de 28 ans est un amoureux de la Bretagne. Après sa parenthèse en Polynésie, Ian Fontaine s’est lancé cet hiver dans une autre mission pour montrer le quotidien des surfeurs bretons. Dans la série « Fun first » qu’il a réalisée avec son ami Gaetan Duque, le rider français ne montre pas son meilleur surf. L’essentiel était ailleurs.

L’idée a germé au cœur d’un hiver tempétueux après avoir arpenté le Finistère en quête d’un spot convenable. « Quand on filme, on cherche toujours à avoir les plus belles vagues, les images qui claquent, les meilleures sessions. Mais ça ne décrit pas forcément notre quotidien. Souvent en Bretagne, on a des conditions pourries mais ça ne nous empêche pas de nous marrer. C’est ça qu’on a voulu montrer », explique Ian Fontaine.

« On aime rappeler que le surf, c’est un sport de copains »

Cet hiver, le surfeur a donc enfilé sa combinaison la plus épaisse, sa cagoule, et sillonné la région en quête de vagues « moches » ou peu cotées. Ici comme partout ailleurs sur le littoral français, le nombre de pratiquants a explosé, donnant parfois lieu à des attroupements peu agréables derrière la barre.

« Ce sont des endroits un peu cachés ou oubliés. Des vagues isolées, avec des rochers au milieu, collées à la digue ou à la sortie d’une rivière. Pas vraiment les spots qui font rêver ».

Souvent seul, il a parfois galéré pour se mettre à l’eau et s’employer pour tenir debout sur des crêtes d’eau balayées par le vent. Loin, très loin du paradis de Tahiti. « On sait qu’on n’a pas les meilleures vagues de la planète. Mais on avait envie de montrer nos atouts. En Bretagne, tu peux presque surfer tous les jours de l’année si tu cherches bien. On aime rappeler que le surf, c’est un sport de copains », estime Gaetan Duque.

Le cofondateur de la Zephyr Surf School, école située à deux pas du spot connu de la Torche, n’a pas toujours pu se mettre à l’eau pour filmer les « exploits » de son pote Ian Fontaine. Trop de courants ou de rochers. « C’était parfois musclé pour filmer ! De toute façon ne verra pas le meilleur surf d’Ian mais ce n’était pas le but. On avait davantage envie de montrer ce côté mission, cette aventure pour explorer tout ce qu’il y a autour. La Bretagne a une côte tellement découpée que tu peux toujours trouver un spot abrité. Ce n’est pas le cas dans le Sud-Ouest par exemple ». Même après quinze ans passés dans la région, lui qui a commencé par le bodyboard à la Réunion reconnaît « ne pas tout connaître » des secrets des spots bretons.

Le surfeur breton Ian Fontaine s'est aventuré sur des spots peu connus à la découverte de vagues isolées et rarement surfées.
Le surfeur breton Ian Fontaine s'est aventuré sur des spots peu connus à la découverte de vagues isolées et rarement surfées. - Gaetan Duque

Avec cette petite série vidéo financée par le sponsor Manera dont le premier épisode a été diffusé dimanche, les deux hommes espèrent « décomplexer les surfeurs bretons ». Et les inviter à explorer d’autres lieux que les vagues les plus prisées. « On a l’impression que tout le monde veut aller au même endroit, en pensant que c’est le meilleur. Des fois, tu t’éclates plus dans ta petite vague cachée que sur le spot bondé », estime le réalisateur. « J’ai parfois la flemme d’y aller quand le temps est dégueu. Mais dès qu’on se met à l’eau avec les potes, on ressort toujours avec la banane », ajoute Ian Fontaine. Addict à son sport, celui qui s’affiche parmi les 30 meilleurs Européens ne peut pas passer une semaine sans surfer. Ça tombe bien. En Bretagne, il est très rare que ce soit « flat » pendant aussi longtemps.