PSG – OL : Malgré l’affaire Hamraoui, les Parisiennes peuvent rêver d’une fin de saison de folie
FOOTBALL•Plombées par l’affaire Hamraoui depuis près de six mois, les Parisiennes sont pourtant toujours debout. Elles chercheront ce samedi à renverser l’OL, après leur défaite en demi-finale aller de la C1Nicolas Stival
L'essentiel
- Ce samedi soir dans un Parc des Princes en feu, le PSG va tenter de se qualifier pour la finale de Ligue des champions, après sa défaite lors de la demi-finale aller à Lyon (3-2).
- Les suites de l’affaire Hamraoui, écartée du groupe depuis une semaine, continuent de plomber l’ambiance au sein du groupe parisien.
- Malgré cela, les Parisiennes peuvent s’offrir une fin de saison de gala.
Le Bayern Munich des années 1990, avec ses embrouilles (Matthaüs-Effenberg) ou ses gifles (Lizarazu sur Matthaüs) l’a prouvé. Pas besoin d’être une bande de copains ou de copines pour se tailler un joli palmarès. Et ça tombe plutôt pas mal pour le PSG féminin, qui dispute ce samedi soir à domicile sa demi-finale retour de Ligue des champions après sa courte défaite de l’aller, dimanche dernier à Lyon (3-2).
Malgré les soubresauts qui agitent le groupe depuis l’agression de Kheira Hamraoui, le 4 novembre, en présence de son ex-amie Aminata Diallo, les Parisiennes avancent. Si elles ont probablement perdu leur sceptre de championnes de France, avec cinq points de retard sur l’OL à trois journées de la fin, elles peuvent raisonnablement espérer s’offrir une troisième Coupe de France (finale contre Yzeure, équipe de D2, le 15 mai à Dijon) et donc disputer une troisième finale de C1 après celles perdues en 2015 et 2017. Elles retrouveraient alors probablement les filles du Barça, tenantes du titre et sans pitié pour Wolfsburg (5-1) lors de l’autre demi-finale aller.
« On peut se détester en dehors, mais sur le terrain, il faut arriver à gagner, lâchait samedi dernier dans L’Equipe Grace Geyoro, mi-capitaine, mi-Casque Bleu. J’ai essayé de faire en sorte que toutes puissent se sentir bien sur le terrain. » Patatras, dans la foulée de cet entretien plein de sagesse et à la veille de la première manche face à l’OL, Hamraoui s’embrouillait méchamment avec sa coéquipière Sandy Baltimore.
Un feuilleton sans fin
Le fossé, déjà béant entre l’ancienne Barcelonaise et la plupart de ses collègues, Diallo, Marie-Antoinette Katoto et Kadidiatou Diani en tête, devenait un gouffre. La suite ? Mise à l’écart d’Hamraoui pour le double choc contre Lyon et poursuite du feuilleton judiciaire, près de six mois après l’agression toujours mystérieuse de la joueuse de 32 ans : garde à vue d’un homme finalement relâché sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui, puis colère de l’avocat de Diallo, qui a démenti formellement que cette personne puisse être proche de sa cliente, comme initialement indiqué.
Forcément, ce sac de nœuds s’est invité ce vendredi dans la conférence de presse de Geyoro et de l’entraîneur Didier Ollé-Nicolle. « Toutes les joueuses le disent, on a vécu une année qui n’était pas évidente, a lâché la milieu de terrain internationale dans un doux euphémisme. On est restées fortes dans nos têtes et concentrées sur nos objectifs. » « On est allé puiser cette force et c’est ce qui fait qu’on est là aujourd’hui », a-t-elle ajouté.
aPourtant, tous ces coups de canif dans le vivre-ensemble parisien ont des répercussions sur certaines performances individuelles, comme l’a prouvé le match décevant de Baltimore au Parc OL. « Sandy s’est trouvée indirectement au cœur d’une histoire qui arrive souvent dans le foot, a plaidé Ollé-Nicolle. C’est un accrochage à l’entraînement, elle n’avait jamais été confrontée à cela. Cela l’a certainement choqué et elle n’a pas fait la prestation dont elle était capable à Lyon. »
40.000 spectateurs au Parc, un record
Le chef d’orchestre d’un ensemble désaccordé veut toutefois voir dans la prolongation de Baltimore jusqu’en 2024, officialisée mercredi, une raison d’espérer. « Il est très important qu’elle ait signé à ce moment-là. Toutes ces ondes positives sont intéressantes pour elle et pour l’équipe. »
Des « ondes positives », c’est tout ce dont le PSG a besoin en ce moment, alors que le club peine à prolonger sa vedette Katoto (17 buts en D1 cette saison), en fin de contrat, ce qui passe inévitablement par un départ d’Hamraoui. Les plus de 40.000 personnes attendues ce samedi soir au Parc – un record pour un match de foot féminin de clubs en France – devraient en diffuser pendant au moins 90 minutes, pour aider leurs protégées face aux sempiternelles rivales lyonnaises.
Il reste à espérer pour les Parisiennes que leur gardienne Barbora Votikova, impliquée sur les trois buts à l’aller, vive une soirée moins catastrophique. Cela ferait oublier qu’elle n’était que la doublure de la Canadienne Stéphanie Labbé, avant la retraite précipitée de la championne olympique en janvier, pour cause d’« usure mentale ». Oui vraiment, le PSG vit une drôle de saison.


















