Equipe de France : Quitter les Bleus ? « La décision la plus difficile de ma vie », admet Bernardinho
VOLLEY-BALL•Resté sept mois à la tête de l’équipe de France de volley-ball, le Brésilien Bernardinho a démissionné pour le bien de sa petite fille, qui a mal vécu le divorce de ses parentsA.L.G.
Ce n’est pas de gaieté de cœur que Bernardinho a démissionné de son poste d’entraîneur de l’équipe de France de volley, sept mois seulement après avoir pris la succession de Laurent Tillie, au lendemain du sacre des Bleus aux JO de Tokyo. Dans une interview accordée à L'Equipe, le double champion olympique avec la sélection brésilienne (2004 et 2016) parle même de la « décision la plus difficile de [sa] vie ».
« Ce n’est pas facile d’abandonner un projet aussi beau, aussi spécial, a-t-il admis. Il y avait les Jeux de Paris en ligne de mire, avec un super groupe de joueurs. » Un groupe de joueurs qui a parfaitement compris la décision de son coach, tiraillé entre l’envie de garder les Bleus au sommet et une vie familiale compliquée après son divorce.
« La France sera toujours ma deuxième équipe »
« Depuis mon divorce, la situation est un peu difficile avec mes deux filles. La plus petite (12 ans) a souffert de la séparation. J’ai senti que l’imminence de mon départ, début avril, la rendait nerveuse. Je l’ai vu pleurer plusieurs fois, et un jour elle a craqué, confie-t-il. Psychologiquement, elle était mal. On a discuté, mais j’ai réalisé que je ne pouvais pas la laisser seule. Elle a sa mère, mais je ne pouvais pas m’éloigner. On devait jouer au Canada, au Japon, en Thaïlande. Je ne pouvais pas aller à l’autre bout du monde en la laissant ici. Je me serais senti égoïste si j’avais privilégié ce projet professionnel. »
S’il admet une réelle tristesse après cette décision forcée, Bernardinho ne regrette rien. « Quand je vois ma petite fille plus sereine, je me dis que j’ai pris la bonne décision. Dans la vie il faut respecter un ordre : La santé, la famille et le travail. Durant ma carrière, j’ai souvent inversé cet ordre. Je me suis trompé. Et je ne pouvais pas me tromper encore une fois. » Son court passage en Bleu n’en restera pas moins marquant et, en partant, « je leur ai dit "à bientôt" », ajoute le Brésilien. « Je ne serai plus leur entraîneur mais où que je sois, je serai toujours avec eux, conclut-il. La France sera toujours ma deuxième équipe. »


















