Equipe de France : De la Poste aux Bleus, la folle ascension de Jonathan Clauss

FOOTBALL Le défenseur du RC Lens, au parcours atypique, a été appelé pour la première fois ce jeudi en équipe de France

François Launay
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Jonathan Clauss, le joueur du RC Lens
Jonathan Clauss, le joueur du RC Lens — AFP
  • A 29 ans, Jonathan Clauss a été appelé pour la première fois en équipe de France.
  • Le sommet d’une ascension folle pour le joueur du RC Lens qui a mis du temps à décoller chez les pros.
  • Renvoyé à 18 ans du centre de formation de Strasbourg, l’Alsacien a enchaîné les petits boulots pendant plusieurs années avant de se faire une place dans le monde professionnel.

C’est l’étape suprême dans un parcours atypique. Ce jeudi, Jonathan Clauss a donc été sélectionné pour la première fois en équipe de France. Le piston droit du Racing fait partie du groupe appelé à défier en amical la Côte d’Ivoire le 25 mars à Marseille et l’Afrique du Sud le 29 mars à Villeneuve d’Ascq. Une ascension folle et rare pour un joueur de 29 ans.

Après le début de saison réussi du RC Lens (2e de L1 en octobre), son nom avait circulé sur les réseaux sociaux où des supporters réclamaient son arrivée chez les Bleus à la place de Léo Dubois. Mais en novembre dernier, Didier Deschamps avait coupé court aux enflammades. « Il fait partie des joueurs que l’on suit » avait juste répondu le sélectionneur sans en dire plus. Depuis, Clauss avait un peu baissé de niveau. La faute à cet engouement autour de lui qui l’avait perturbé comme il l’a reconnu le 27 février dernier à l’issue d'une victoire de Lens à Angers.

Il a pleuré sous la pression des Bleus

« Ce n’était pas la pression, mais un surplus d’informations, de nervosité, un surplus de stress que je ne me mets pas d’habitude, et qu’on m’a mis sans que je le veuille ». Pour repartir du bon pied, Clauss, déjà auteur de 4 buts et de 9 passes décisives cette saison en Ligue 1, a reconnu avoir craqué : « J’ai pleuré. Il faut, parfois. J’en ai parlé avec ma copine et elle m’a dit : " Il n’y a pas que les faibles qui pleurent ". Même si je pensais ça, au final, ça fait un bien fou. Et j’ai tellement bien dormi la nuit d’après que je me suis dit que la prochaine fois, je me le repermettrai ».

Intérim et petits boulots avant de décoller chez les pros

Il peut désormais pleurer de joie avec cette sélection chez les Bleus. Une étape de plus dans un parcours cabossé. Non retenu par Strasbourg après avoir fait ses classes au centre de formation jusqu'à ses 18 ans, l’Alsacien était retourné dans le monde amateur et avait enchaîné les petits boulots pendant plusieurs années comme il le racontait en janvier 2021 dans un entretien à 20 Minutes « Je faisais de l’intérim. Je bossais à la Poste ou en tant que distributeur de pubs. C’était du travail pour combler le temps quand je n’étais pas à l’entraînement. Il me fallait un travail entre 8 h et 15 h pour pouvoir m’entraîner le soir. »


Le déclic finira par arriver en 2016/2017 lors d’un brillant parcours en coupe de France avec Avranches. Il file ensuite à Quevilly puis en D2 allemande sous les couleurs de l’Arminia Bielefeld où le RC Lens le repère en pleine crise sanitaire en 2020. Le début d’une ascension fulgurante pour un joueur qui nous confiait encore il y a an son rêve d’équipe de France. « J’ai le sentiment que ça reste inaccessible. De plus en plus de gens m’en parlent mais je souris. Ce n’est pas mon objectif premier même si ce serait exceptionnel d’y aller un jour.». Depuis ce jeudi, l’exceptionnel est devenu réalité.