Coupe de France : Le seum des supporters de Versailles encore obligés de se déplacer
FOOTBALL•S’estimant lésés, les supporters du FC Versailles ont prévu de déployer des banderoles pour exprimer leur mécontentement envers les instances du foot français lors de la demi-finale à Nice, ce mardiGuillaume Novello
L'essentiel
- Depuis le 8e de finale de Coupe de France à Toulouse, le FC Versailles a toujours joué à l’extérieur alors qu’il aurait dû recevoir au moins deux fois.
- En cause, un stade pas aux normes et ne disposant pas d’éclairage en raison d’une règle vieille de Louis XIV.
- Bruno, fondateur du Kop du Roy, déplore, un brin désabusé, que « personne ne nous aura donné de coup de main ».
Ne lui parlez pas de « Petit Poucet ». Bruno, fondateur du Kop du Roy, groupe de supporters du FC Versailles 78 (FCV78) a la belle impression que son club s’est fait balader par les instances du foot français. Et c’est peu de le dire puisque selon ses calculs, « on a déjà fait 3.200 kilomètres de déplacements et on en fera 5.000 en quatre tours de Coupe de France ». Pour comprendre pourquoi les supporters du club des Yvelines ont l’impression d’avoir tourné un remake de La Grande Vadrouille, il faut revenir à la zone de vérité, au rectangle vert, bref au terrain.
Il s’avère que le stade de Montbauron à Versailles ne dispose pas d’éclairage à cause d’un lourd héritage. « En raison de la présence du Château et de règles des Bâtiments de France, il ne faut pas qu’il y ait de mâts qui dépassent une certaine hauteur et il ne doit pas y avoir, une fois la nuit tombée, de source lumineuse visible depuis la chambre du roi », explique Anthony Perrat, président de l’association FCV78. En conséquence de quoi pas de pylônes surmontés de grappes de projecteurs à Montbauron. « Mais ça va s’améliorer et grâce à notre parcours cette histoire d’éclairage aura été mise en lumière », commente-t-il.
Pas de stade disponible en Ile-de-France
En raison de ce problème d’éclairage, le 8e de finale face à Toulouse que Versailles aurait dû recevoir a été inversé. Le club a bien demandé une dérogation pour jouer en journée, mais la fédé a refusé en raison des contraintes liées aux diffuseurs. « C’est sûr que la FFF aurait pu leur mettre un peu plus de pression, admet Anthony Perrat, mais l’essentiel, c’est qu’on ait gagné ». Néanmoins Bruno a eu du mal à digérer ce refus d’autant que Bergerac, l’adversaire des quarts, a, lui, obtenu une dérogation pour pouvoir jouer à Périgueux sur « un terrain de rugby », commente furibard le supporter.
Puis arrive la demi-finale qu’évidemment le FCV78 ne peut jouer à Montbauron. Or, à mesure que la compétition se resserre, les stades doivent monter en gamme, ce qui limite les possibilités de délocalisation des Versaillais. « Il y a eu une série d’indisponibilités qui a fait que ce n’était pas possible, déplore Anthony Perrat. Le Stade de France, c’était trop gros, le Parc des Princes changeait sa pelouse, le préfet a mis son veto pour le stade de Charléty, peut-être en raison des incidents lors du match Paris FC-OL. Bref, il y a eu une série de pas de chance qui nous a empêchés de jouer en Ile-de-France. »
« Une excuse bidon »
Le patron du Kop du Roy préfère, lui, parler de mauvaise volonté. « Personne ne nous aura donné de coup de main, fulmine-t-il. Et le Parc qui doit changer sa pelouse, c’est une excuse bidon, comme s’ils avaient prévu de se faire éliminer en quarts de finale. » Pour « les supporters, ce n’est pas évident de se déplacer à Nice même si en avion c’est un peu plus d’une heure de trajet quand ça nous a pris neuf heures de car pour aller à Toulouse, préfère relativiser le président de l’association FCV78. Et c’est aussi ça la vie d'un supporter. »
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Et le leader des supporters, qui a posé ses CP, sera bien présent à Nice avec une cinquantaine de membres du Kop du Roy pour soutenir son équipe et « ramener la coupe à la maison ». Mais il a aussi prévu des banderoles peu amènes envers les instances du foot français, et notamment de la fédé qui ne les a « pas beaucoup aidés ». « On a subi, on n’a jamais eu notre mot à dire, peste-t-il. Le monde du foot pro s’en fout de nous. Si c’est ça la fête du foot… » « Evidemment que ça aurait été une belle fête de jouer à Charléty ou dans un autre stade d’Ile-de-France avec 15.000 à 20.000 supporters, regrette Anthony Perrat. Mais on est heureux, on est en demie ! Et on espère gagner pour enfin pouvoir jouer en Ile-de-France ! »


















