Leveaux - Bernard: le duel qui fait des vagues

NATATION La confrontation entre les deux sprinters devrait animer les championnats de France qui débutent mercredi...

R.S. et A.P.

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Les nageurs Amaury Leveaux (à gauche) et Alain Bernard, à Schiltigheim, le 27 mars 2009.
Les nageurs Amaury Leveaux (à gauche) et Alain Bernard, à Schiltigheim, le 27 mars 2009. — J.Leguerre/AFP

La timidité n’a jamais étouffé Amaury Leveaux. Champion olympique ou pas, le Mulhousien ne cache pas son envie de couler Alain Bernard. Il en a l’occasion lors des championnats de France qui débutent mercredi à Montpellier. Une compétition qualificative pour les Mondiaux de Rome, fin juillet, où la présence de Bernard (100m) et Leveaux (50m) est déjà assurée.

Bernard, toujours l’homme à battre

Pas facile, la vie de champion olympique. Alain Bernard a eu du mal à s'habituer à son nouveau statut. «Il a compris qu'il était différent, note son entraîneur Denis Auguin. Jusqu'au mois de décembre, c'était: je suis un nageur comme les autres. Ce n'est pas vrai. Là il commence à l'intégrer». En manque de sensations et de résultats depuis son retour de Pékin, Bernard assure que le travail va finir par faire parler les chronos: «En janvier et février, j'ai vraiment énormément travaillé. J’ai fait beaucoup de volume et j’ai perdu quatre kilos. C’était vraiment dur.» Sûr de sa force, le nageur d’Antibes doit connaître son pic de forme dans la semaine. Il évoque même à demi-mot la possibilité de devenir le premier homme à descendre sous les 47secondes au 100m.

Leveaux, pour voir les choses en grand

Comme Bernard, le géant de Mulhouse est plutôt un nageur de grands rendez-vous. Depuis le début l’année, ses chronos sont légèrement en retrait de ceux de Bernard. Le Mulhousien a aussi moins nagé en compétition que son rival. A l’entraînement, il a insisté sur le travail de musculation avec un préparateur et il devrait se présenter sur les plots plus fort physiquement. Son objectif étant de convertir en grand bassin ce qu’il a brillamment réussi en petit bain à Rijeka lors du dernier Euro. Amasser les titres et, pourquoi pas, les records du monde.
 
Quel bilan tirer de leurs confrontations?

Ce n’était peut-être qu’un meeting de préparation, mais depuis les Jeux, les deux nageurs ne se sont croisés qu’à Strasbourg, en mars dernier. Ils n’avaient d’ailleurs pas pris le soin de se raser. A l’époque, c’est Leveaux qui avait remporté le double affrontement sur 50 et 100m, confirmant la tendance des Mondiaux de Rijeka en petit bassin. Le résultat l’avait rassuré, mais l’élève de Lionel Horter n’en tirait aucune conclusion. Du moins en apparence: «Ce n'est pas parce que j'ai battu Alain à Strasbourg que je vais le battre à Montpellier. Je sais que lui va vouloir prendre sa revanche». Quand il y a des titres en jeu, la donne peut vite changer.

Et si Bousquet mettait tout le monde d’accord?

Loin des remous des bassins français, le Marseillais s’est exilé depuis janvier à Auburn, aux Etats-Unis, où l’a rejoint sa petite amie. Une certaine Laure Manaudou. Vu ses chronos en 2009, l’exil lui a plutôt bien réussi. «On regarde ce qu’il fait, reconnaît Auguin, mais c’est difficile de comparer. Fred nage vite tout le temps. Alors qu’Amaury et Alain ont plus de mal en meeting. Il ont besoin de la compétition pour faire des chronos.» S’il surfe sur la vague de son début de saison, Bousquet pourrait bien surprendre tout le monde. D’autant que comme son compagnon de club, Fabien Gilot, il n'a pas encore gagné sa place pour les Mondiaux.