Incidents OL - OM : Jeu de rôles (pas drôle) entre Aulas et Longoria avant le verdict de la commission de discipline

FOOTBALL Alors que l'épilogue du volet des incidents d'OL-OM approche, Jean-Michel Aulas et Pablo Longoria jouent de propositions et de postures publiques parfois incohérentes

W.P.
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Jean-Michel Aulas et Pablo Longoria
Jean-Michel Aulas et Pablo Longoria — SIPA

Qu’on en finisse. Mercredi, à 18h, la commission de discipline de la LFP se réunira pour évoquer les suites à donner aux incidents qui ont conduit, fin novembre à l’interruption du match OL-OM. Et les derniers coups joués par Jean-Michel Aulas et Pablo Longoria font planer un climat tendu sur la grande décision.

Au terme de son enquête, la commission doit se prononcer à la fois sur la responsabilité de Lyon dans cet incident et sur le sort du match interrompu, alors que la saison de L1 a été émaillée de graves incidents en tribunes depuis cet été. « On parle d’un problème majeur dans le football français. Il arrive un moment où on doit prendre de la hauteur, être responsables avec les autres présidents », a affirmé le président de l’OM Pablo Longoria dans un entretien au quotidien L’Equipe mis en ligne lundi soir.

Le double-jeu de Longoria, les réponses d’Aulas

Le dirigeant espagnol souhaiterait « avoir un règlement clair dans lequel les sanctions qui s’appliquent sont actées pour chaque type d’incidents. Cela éviterait à tout le monde de se poser des questions à chaque fois. Ça serait cohérent. Ce qui n’est pas responsable, c’est de chercher à préserver chacun nos intérêts individuels alors que c’est un problème collectif ».

La posture magnanime de Longoria va à l’encontre de la stratégie de l’OM, qui, selon RMC Sport, aimerait pousser la commission de discipline à donner match perdu à l’Olympique lyonnais, en prouvant notamment que le jet de bouteille sur Dimitri Payet ne constitue pas un acte isolé – ce sur quoi est précisément basée la défense des dirigeants lyonnais.

De retour dans son costume de twittos en colère (et en délicatesse avec son clavier), JMA ne s’est pas fait prier pour répondre. « C’est tout de même étonnant que l’OM veuille influencer la LFP et ses commissions : Pour tenir un tel langage, il faut se croire sacrément sûr de soi ! C’est inquiétant pour l’OL, dont l’argumentation d’un acte isolé est différente des précédents incidents, où l’OM semble toujours là. »

Le président lyonnais aurait pu en rester là, mais, agacé, a embrayé en proposant une nouvelle règle façon Denis Brognart dans Koh-Lanta, dont on vous laisse apprécier le contenu. « Pour éviter d’arrêter à tort un match, on pourrait permettre aux clubs de remplacer un joueur potentiellement blessé : donner la possibilité de rester à 11 comme dans le cas d’une commotion (6e remplaçant). Peut-être même que ça pourrait inciter le blessé à reprendre ? »

Les comportements d’Aulas et Sampaoli pointés par le rapport arbitral

Offensif, Jean-Michel Aulas devra aussi se défendre après que le rapport arbitral de la rencontre a pointé des propos adressés à Ruddy Buquet, qui refusait alors de reprendre la rencontre.

Selon des extraits de ce rapport d’incidents rédigé par M. Ruddy Buquet, arbitre principal d’OL-OM, le patron du club lyonnais se serait prévalu de sa présence au Comité exécutif de la Fédération française de football pour faire planer l’idée de ne « pas en rester là » au sujet de la décision de l’arbitre, lui-même placé sous la tutelle de la FFF.

« Je tiens à préciser que M. Aulas Jean-Michel, président de l’Olympique lyonnais, a tenu les propos suivants au moment de quitter mon vestiaire : la compétition dépend de la LFP, vous de la FFF, je fais malheureusement partie du Comex et ça ne va pas en rester là », peut-on lire dans un extrait du document, transmis par M. Buquet à la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP).

« Ce sont des propos incomplets, sortis de leur contexte et relatifs à l’incompréhension entre la Ligue qui communique sur la reprise du match alors qu’au même moment l’arbitre a changé de position en arrêtant le match pour des raisons alors non expliquées », a réagi un porte-parole de l’OL.

D’autres extraits du rapport arbitral font état d’un comportement « déplacé » de Jorge Sampaoli qui se serait « un peu emporté » à l’égard de M. Buquet. Ce dernier aurait « eu un comportement, des gestes de plus en plus déplacés à mon égard en me montrant à plusieurs reprises du doigt dans mon vestiaire » et en tenant des propos non retranscrits par son traducteur, pointe le rapport. La grand-messe de mercredi soir risque d’être salée.