Affaire Peng Shuai : La WTA accusée par la Chine de « politisation du sport » mais soutenue par des stars du tennis

CRISE Pékin a répliqué ce jeudi à l’instance qui gère le tennis féminin mondial

N.S. avec AFP
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Photo de la joueuse de tennis Peng Shuai publiée par un média d'Etat chinois le 21 novembre 2021.
Photo de la joueuse de tennis Peng Shuai publiée par un média d'Etat chinois le 21 novembre 2021. — EPN / Newscom / Sipa

Le torchon brûle entre Pékin et la WTA, à la suite de l’affaire Peng Shuai. « Nous sommes fermement opposés à toute politisation du sport », a indiqué jeudi devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin. Une réaction à la décision de l’instance qui gère le circuit féminin de tennis de suspendre les tournois en Chine en soutien à la joueuse de tennis, qui a accusé un ancien haut dirigeant chinois d’agression sexuelle.

Des stars du tennis ont à l’inverse salué l’initiative de la WTA prise, selon son président Steve Simon, en raison des « doutes sérieux » quant à la liberté de mouvement de la joueuse, ex-lauréate de Wimbledon et de Roland-Garros en double.

Billie Jean King, 12 tournois du Grand Chelem en simple à son palmarès, a jugé que la WTA « est du bon côté de l’histoire ». « Quel leader », a de son côté écrit sur Twitter la Française Alizé Cornet à l’adresse de Steve Simon. « Je soutiens complètement la position de la WTA parce qu’on n’a pas assez d’informations » sur Peng Shuai, a affirmé de son côté le n° 1 mondial de tennis Novak Djokovic.

Martina Navratilova, deuxième joueuse la plus titrée du tennis féminin, a salué jeudi la WTA pour sa « position courageuse » où « nous faisons passer les principes avant les dollars ». Elle a également interpellé le Comité international olympique (CIO) : « je peux à peine vous entendre ! », a lancé l’ex-championne, accusant l’organisation d’être trop discrète depuis le début de l’affaire.

Le retrait décidé par la WTA pourrait coûter à terme des millions d’euros à l’organisation, car la Chine constitue l’un de ses plus gros marchés. L’ancien numéro 1 mondial Andy Roddick a souligné le risque pris selon lui par Steve Simon : « Bien agir est bien plus facile quand ça ne coûte rien. Respect. »

Le circuit chinois gelé par le Covid

Le pays asiatique n’a toutefois pas accueilli de tournois WTA récemment en raison du Covid-19 et n’en aurait vraisemblablement pas organisé dans un proche avenir. Lors de la saison 2019, la dernière à ne pas avoir été touchée par l’épidémie, dix tournois avaient été organisés en Chine, dont les Masters féminins de fin d’année qui, avec 14 millions de dollars, avaient été mieux dotés financièrement que leurs équivalents masculins.