Nice : À 16 ans, Adrien Gallot est double champion de France en vol indoor mais « garde les pieds sur terre »

LA TETE A L'ENVERS La chute libre indoor permet de reproduire les sensations d’un saut en parachute grâce à un flux d’air en soufflerie de 250 km/h

Elise Martin
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Adrien Gallot est double champion de France en vol indoor
Adrien Gallot est double champion de France en vol indoor — E. Cowie
  • Adrien Gallot est Niçois, il a 16 ans, est au lycée. Il vient de remporter deux médailles d’or en championnat de France de vol indoor.
  • Pendant les épreuves, il devait avec, ses partenaires, réaliser des figures artistiques et les répéter le plus rapidement possible, sans faute.
  • Passionné depuis ses 6 ans, Adrien compte en faire son métier et atteindre la coupe du monde ou autres compétitions internationales.

Quand il se présente, il oublie de le dire. Adrien Gallot indique qu’il est Niçois, qu’il est un lycéen à Valdeblore. Mais il omet de mentionner qu’il vient de remporter deux titres de champion de France de chute libre indoor. Une médaille d’or en «  dynamic 2 ways », à deux coéquipiers, et une autre en « dynamic 4 ways », à quatre, avec qui il n’avait jamais volé et où son entraînement se résume à 15 minutes avant l’épreuve. Dans « le tunnel », qui fait 14 m de haut et 4,5 m de diamètre, avec ses équipes, il a dû se distinguer à travers des épreuves acrobatiques et de vitesse. Trois figures sont demandées et doivent être réalisées le plus vite possible. Le tout, avec de l’air soufflé à 250 km/h.

À 16 ans, Adrien était le plus jeune de sa catégorie, le seul mineur, pour ces championnats qui se sont déroulés à Lyon au début du mois d’octobre. Pour lui, son âge a ses avantages comme ses inconvénients. « Pour m’expliquer les figures, les coachs ne pouvaient pas entrer avec moi dans le tunnel quand j’ai commencé. Mais quand j’étais un enfant, ça me permettait de moins réfléchir aux mouvements et de répéter exactement tout ce que je voyais. »

Déjà un champion à 12 ans

Son tout premier vol, il a l’a fait à 6 ans. « J’ai eu envie de me mettre à ce sport quand ma mère a offert un saut en parachute à mon père », se souvient-il. Trop jeune pour aller dans le ciel, il décide de se lancer dans la soufflerie. A 9 ans, il se rend jusqu’en région parisienne une fois par mois pour pratiquer « le vol relatif », une autre discipline du vol en soufflerie à plat. Trois ans après, il devient champion de France et décide de s’envoler vers le dynamique. Pour continuer de développer ses compétences, et « surtout parce que c’était moins cher », il rejoint le coach Dmitrii Lednev en Russie. Il a alors 12 ans.

L’une des particularités de ce sport, c’est son prix. Même si la discipline fait partie de la fédération française de parachutisme (FFP), seules des salles privées ont de quoi entraîner les passionnés. Les parents du Niçois ont alors investi dans leur enfant « des milliers d’euros ». « Une heure en France, c’est 550 euros. Avec un coach en plus, c’est entre 650 et 800 euros, précise le père d’Adrien, Michel. Ça revenait moins cher d’aller à Saint-Pétersbourg tous les mois. » Une stratégie qui finalement porte ses fruits puisque en 2018, il est « détecté » par la FFP et entre dans le pôle Espoir.

Le prochain objectif : « La participation à une coupe du monde »

« Avec la fédération qui paie les heures d’entraînement, on n’a plus qu’à payer un coach », indique Michel. C’est d’ailleurs avec ce dernier, Eliot Pothet, qu’il a remporté la médaille d’or à Lyon lors des championnats de France, son coéquipier habituel Lucas Colin étant absent. Ensemble, ils ont créé « The Eaglets » et sont arrivés 4e lors des derniers championnats de France en mars 2020.

« Avec cette compétition, j’ai vraiment vu ma marge de progression. J’étais fier de voir que je pouvais être au niveau des plus grands. Mais je ne me sens pas différent pour autant. L’objectif maintenant, c’est de participer à une coupe du monde ou d’autres événements internationaux. » Comme les Jeux olympiques ? « En 2018, la fédération avait milité pour être un sport invité pour les JO 2024 à Paris », raconte le jeune homme. Finalement, c’est le breakdance qui a été choisi. « On n’a pas abandonné cette idée et on prépare des formats qui pourraient être olympiques ». C’est dans cette optique qu’il sera à Poitiers fin novembre pour une nouvelle compétition.

 Adrien, à gauche, et son partenaire mais aussi son coach Eliot, pendant les épreuves du championnat de France à Lyon début octobre
Adrien, à gauche, et son partenaire mais aussi son coach Eliot, pendant les épreuves du championnat de France à Lyon début octobre - E. Cowie

D’ici là, il continuera à jongler entre les airs et la terre ferme dont ses cours de première. Malgré les médailles, ses parents attachent une grande importance à ce qu’il fasse des études supérieures pour assurer son avenir. Mais le champion est déjà sûr de lui pour son futur métier. « Je serai soit dans la soufflerie, soit dans le ciel. Je continuerai en tant qu’athlète tant que je peux et ensuite, je transmettrai mes connaissances et mon vécu. » Le lycéen « ne compte pas ses heures » quand il s’agit de son sport. « La répétition des mouvements est la clé de la réussite et je m’oblige à faire les bases des mouvements pendant de longues minutes pour gagner en efficacité », affirme le Niçois.

Dans les airs, le licencié au cercle parachutiste de Nice est « maintenant à 101 sauts ». Il reconnaît que ce n’est pas la même chose, que « c’est plus technique ». Il ajoute : « Je suis conscient qu’il y a plus de risques mais c’est pour ça que je suis très attentif. Déjà parce que j’ai envie de réussir mais aussi parce que c’est la base de la sécurité. » Un état d’esprit qui rassure son père, également passionné. « Toutes les personnes qu’il a croisées dans son parcours reconnaissent son positivisme. Il est talentueux mais il garde les pieds sur terre, c’est important ». Une autre victoire pour ses parents.