Coupe du monde : « Chaque pays a le droit de rêver », plaide Infantino pour défendre son Mondial biennal

FOOTBALL Le président de la FIFA Gianni Infantino a continué à défendre son projet de Coupe du monde tous les deux ans lors d’une visite au Venezuela, vendredi

N.S. avec AFP
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Gianni Infantino lors d'une conférence de presse à Caracas, le 15 octobre 2021.
Gianni Infantino lors d'une conférence de presse à Caracas, le 15 octobre 2021. — Miguel Gutierrez / EFE / Sipa

Non, il ne s’agit pas d’une question d'argent mais d’universalisme, d’égalité des chances. Armé de son bâton de pèlerin, le patron planétaire du football Gianni Infantino continue à parcourir le globe pour prêcher sa bonne parole : un avenir radieux passe par la mise en place d’une Coupe du monde tous les deux ans.

« Le président de la FIFA est le président de 111 pays et chacun d’entre eux a le droit de rêver, a-t-il lancé vendredi lors d’une conférence de presse au stade olympique de Caracas, au Venezuela, première étape d’une tournée sud-américaine. Mais le rêve doit avoir une possibilité de se réaliser, parce que si tu dois rêver pour l’éternité, tu vas finir par faire autre chose. »

L’exemple du Venezuela

« Aujourd’hui, si on parle sans détour, quelles sont les possibilités réelles du Venezuela de participer au Mondial ? », a lâché l’Italo-Suisse, rappelant que le pays de 30 millions d’habitants n’a jamais participé à une Coupe du monde et a très peu de chances d’y arriver dans les conditions actuelles.

L’organisation plus régulière d’un Mondial, associée à l’augmentation déjà actée à partir de 2026 du nombre de participants de 32 à 48, donnerait ainsi selon lui davantage d’opportunité à des nations jusque-là mineures du football de prendre part à la compétition.

Infantino balaie l’argument de la banalisation

« Quand il a été décidé que le Mondial serait tous les quatre ans, il y a cent ans environ, la FIFA comptait 40 pays. Il est temps d’analyser la question », a-t-il estimé, réitérant qu’une décision sera prise en « fin d’année ». « Si on fait des changements, tout le monde doit être gagnant », a promis Infantino. « Le prestige d’une compétition ne dépend pas de sa fréquence. Sinon on organiserait un Mondial tous les 40 ans. Il dépend de la qualité de la compétition », a-t-il répondu, écartant tout risque de galvauder la Coupe du Monde.

Le président de la FIFA a aussi estimé que cette réforme pourrait permettre aux joueurs d’aborder le Mondial sur un pied d’égalité en réduisant les déplacements entre continents pour les joueurs sud-américains avec la mise en place de phases qualificatives regroupées.

« Des études montrent que les voyages, avec le décalage horaire et le changement de climat, sont très mauvais pour la santé des joueurs », a dit le dirigeant de 51 ans. « Si Messi doit faire 350.000 km pour jouer un Mondial (un aller-retour Europe-Amérique), et Cristiano Ronaldo 50.000… C’est normal que les Sud-Américains soient un peu plus fatigués que les Européens ». Infantino a notamment évoqué une statistique parlante : « Depuis 2002, le Brésil n’a pas gagné un match en phase d’élimination directe, pas en phase de poule, contre un pays européen. Cela fait 20 ans, et c’est le Brésil ! ».

Apparemment, le patron de la FIFA a convaincu le président du Venezuela Nicolas Maduro, qu’il a rencontré après sa conférence de presse au palais présidentiel de Miraflores. « Je lui ai dit […] que cela me semblait une idée extraordinaire que la Coupe du monde de football puisse se jouer tous les deux ans. C’est une formidable opportunité », a déclaré le dirigeant chaviste après une « conversation agréable » avec Infantino. Du côté de l’UEFA, les prochaines discussions avec la FIFA promettent de l’être beaucoup moins.