Drame de Furiani : Il n’y aura plus de matchs professionnels le 5 mai en France

FOOT ET MEMOIRE Le Parlement a sacralisé ce jeudi la date du 5 mai, en hommage aux 19 morts et plus de 2.300 blessés de la catastrophe, voici près de 30 ans

N.S. avec AFP
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Le mémorial des victimes du drame de Furiani, dans l'enceinte du stade du Sporting Club de Bastia.
Le mémorial des victimes du drame de Furiani, dans l'enceinte du stade du Sporting Club de Bastia. — Pascal Pochard-Casabianca / AFP

C’est officiel. Il n’y aura plus de matchs de football professionnel les 5 mai en France. Près de 30 ans après la catastrophe du stade de Furiani, le 5 mai 1992, le Parlement a sacralisé cette date. Un hommage aux 19 morts et plus de 2.300 blessés dans l’effondrement de la partie haute d’une tribune provisoire avant le coup d’envoi de la demi-finale de Coupe de France entre  Bastia et l'Olympique de Marseille.

Le Sénat a adopté à main levée jeudi, sans modification, la proposition de loi portée par le député corse Michel Castellani (Libertés et territoires), signant l’adoption définitive du texte. Michel Savin (LR) a invité le gouvernement à promulguer le texte « dans les plus brefs délais », afin qu’il puisse s’appliquer dès 2022. Le club bastiais s’est félicité de ce vote.

La proposition de loi a été examinée dans le cadre d’une « niche » parlementaire réservée au groupe écologiste, qui compte en son sein le sénateur de la Haute-Corse, Paul Toussaint Parigi. Soutenue par le gouvernement, elle prévoit de modifier le code du sport pour « qu’aucune rencontre ou manifestation sportive » de Ligue 1, de Ligue 2, de Coupe de France et du Trophée des Champions ne soit jouée le 5 mai.

Minute de silence et brassard noir en amateur

Pour le football amateur, le texte prévoit l’organisation d’une minute de silence et le port d’un brassard noir les 5 mai. La ministre chargée de la Ville Nadia Hai a précisé que le texte ne comporte pas de sanctions, car le ministère des Sports « travaille avec les instances du football » pour que le gel des matchs soit respecté. Il s’agit selon elle de poser « un cadre de commémoration pérenne afin de lutter contre l’oubli ».

Le vote du Parlement répond à la demande du collectif des victimes et leurs familles, représenté dans les tribunes du Sénat, face aux réticences de la Ligue et de la Fédération. De portée juridique limitée, l’adoption de ce texte est en revanche hautement symbolique, à quelques mois du trentième anniversaire du drame de Furiani. D’ici 2040, seules huit journées du championnats pourraient être concernées.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Sur tous les bancs, des sénateurs ont néanmoins exprimé leurs réserves ou leurs interrogations sur ce texte. Le socialiste Jean-Jacques Lozach a notamment évoqué « un acte de remise en cause de l’autonomie du mouvement sportif ». « Le recours à la loi s’impose comme un pis-aller à défaut d’un consensus national qui aurait dû s’installer », a rétorqué le centriste Claude Kern.

Le gel des matchs ne fait pas non plus l’unanimité. Certains auraient préféré un moment solennel de recueillement en début de rencontre ou encore le port d’un brassard.