France – Espagne : Enorme à San Siro, Karim Benzema est « fier » de son premier titre avec les Bleus
FOOTBALL•Karim Benzema est allé chercher comme un grand son premier titre en équipe de FranceWilliam Pereira
De notre envoyé spécial à Milan,
Peut-être que c’était arrivé trop vite. Le retour en Bleu, la liste de Didier Deschamps, le trident avec Mbappé et Griezmann et, dans la foulée, l’Euro. Il fallait se réadapter, marquer et gagner sans attendre, avec tout ce que ça impliquait en termes de pression. Le Final Four de la Ligue des nations, remporté dimanche soir par les Bleus contre l’Espagne, a confirmé une tendance entrevue sur les derniers matchs de l’Euro 2021, à savoir que Karim Benzema avait juste besoin d’un peu de temps pour reprendre les clés du camion.
Et c’est logique : tout va moins vite en équipe nationale. Moins de matchs qu’en club, moins de temps pour peaufiner les automatismes. Mais cette fois, ça y est. KB19 est définitivement le leader technique et humain que la France espérait à son retour et son but égalisateur, mélange de génie et d’abnégation, est là pour le prouver.
Rage de vaincre
Après le match, dont Benzema a été élu meilleur joueur derrière Mbappé (bizarre), Didier Deschamps ne s’est pas tant étalé sur les qualités footballistiques de l’attaquant – on ne discute pas l’évidence – que sa force mentale qui ruisselle sur le reste du groupe. « Karim est un joueur essentiel. Il l’a prouvé sur ces deux matchs-là. Il a une qualité évidente, il est dans la lignée de ce qu’il réalise en club, il a la rage de vaincre et c’est quelque chose de très communicatif. »
Faut-il voir, dans la réaction immédiate à l’ouverture du score d’Oyarzabal la patte Benzema, exhortant ses camarades à la révolte ? Il y a en tout cas quelque chose d’anormal dans l’égalisation française, dit Luis Enrique. « Quand une équipe vient de prendre un but, normalement elle est blessée, KO, c’est même un moment intéressant pour en mettre un deuxième. Mais Benzema a mis un but exceptionnel juste après. »
C’était déjà lui, qui, en demi-finale contre la Belgique, avait sonné la révolte d’un tir déséquilibré en pivot. Lui qui, pour le bien du collectif – peut-être aussi pour sa gloire – avait préféré laisser à Mbappé le soin de transformer le penalty égalisateur alors que ce dernier ne marquait plus depuis six matchs en Bleus et restait sur un échec dans cet exercice. Ce chef-d’œuvre en deux actes est une nouvelle preuve de l’apogée de Benzema, déjà si bon au Real Madrid.
« « Ce n’est pas le même joueur qu’en 2015, physiquement notamment, il faut voir comme il est affûté, a ajouté DD. Et humainement, sa situation n’est plus la même, il a gagné en maturité. Il est au top niveau depuis un moment et je suis très content qu’il puisse avoir des moments de joie en équipe de France. » »
Fierté
Le sélectionneur sait mieux que quiconque, pour avoir été de ceux qui l’ont sevré d’équipe nationale, que Benzema revient de loin et qu’il a lutté avec acharnement en club pour mériter ce retour irréel. Et l’intéressé savoure forcément son premier titre avec la France. Certes, ce n’est « que » la Ligue des nations, mais pour lui ça veut dire beaucoup. « C’est un titre très important, je suis très fier de mon travail. Revenir avec cette équipe et gagner ça me rend très heureux », a-t-il déclaré lors de son très bref passage devant la presse après la victoire, paraît-il écourté par son avion qui attendait en double-file sur le Tarmac de l’aéroport de Milan pour le ramener à Madrid, où il continuera de porter son équipe sur ses épaules.


















