France-Suisse : Pourquoi il ne faut pas sombrer dans la dépression après cette vilaine élimination

FOOTBALL Oui, on est éliminés. Oui, on a le seum. Mais oui, on va vite s'en remettre, promis

Aymeric Le Gall
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La déception des Bleus après l'élimination en 8e de finale de l'Euro 2021 contre la Suisse.
La déception des Bleus après l'élimination en 8e de finale de l'Euro 2021 contre la Suisse. — Cristi Preda/DeFodi Image/SIPA
  • L’équipe de France a été éliminée par la Suisse en 8e de finale de l’Euro 2021, lundi.
  • Une sortie de route précoce et terriblement décevante pour les champions du monde et leurs supporters, surtout au vu du scenario du match.
  • Mais comme à « 20 Minutes » on n’a pas envie de broyer du noir toute la journée, on a décidé de regarder un peu plus loin, là où l’horizon est à nouveau bleu.

De notre envoyé spécial à Bucarest,

Vous aussi ce mardi matin vous avez l’impression de vous être pris un semi-remorque lancé à peine balle dans la figure ? Cool, ça veut donc dire qu’« on est enseeeeembleuheu ». Pour vous montrer le degré de sidération dans lequel est plongé le service des sports de 20 Minutes après l’élimination des Bleus en 8e de finale face à la Nati, voici ce qu’on était sur le point de publier au moment ou Gravanovic est venu égaliser à la 90e minute lundi soir.

« Pourquoi s’emmerder à chercher du rationnel là où il n’y a que de l’inexplicable, de la folie et du divin ? Passé à un doigt, celui de Lloris, d’une piteuse élimination qui leur aurait valu le goudron et les plumes à leur retour de Bucarest, après une phase de poule qui essaimait plus de questions qu’elles n’offraient de réponse sur le véritable potentiel des Bleus, ce match contre la Nati semble avoir marqué la naissance d’un groupe. Comme trois ans quasiment jour pour jour, contre l’Argentine, à Kazan. Et comme il y a trois ans, les Bleus se sont fait peur jusqu’au bout (PARCE QUE C’EST NOTRE DESTIIIIIIIIIIN). Mais c’est dans la difficulté et la peur que se construisent les plus belles épopées. Et dieu sait que celle-ci commence sacrément bien. »

Voilà, voilà…

Mais on est au-dessus de ça, n’est-ce pas ? Et puis sachons nous aussi prendre notre part de désillusion. Oui, nous, génération bénie de Français à qui l’équipe de France a offert deux titres de champions du monde (1998 et 2018), un titre de champion d’Europe (2000), une finale de Coupe du monde (2006) et une finale d’Euro (2016). A ce sujet, on échangeait avec un confrère d’origine portugaise avant la rencontre et celui-ci nous expliquait qu’il se sentait déjà hyper privilégié d’avoir connu de son vivant la victoire en finale en 2016.

Que devrait-on dire alors ? Voilà, ça nous semblait nécessaire de remettre les choses dans leur contexte. D’autant que ce n’est peut-être pas terminé. La Coupe du monde 2022 c’était (déjà) demain. Alors on sèche ses larmes et on vous explique pourquoi le meilleur est encore à venir.

Parce que c’est dans les douleurs d’aujourd’hui que se bâtissent les succès de demain

Didier Deschamps (et pas que lui d’ailleurs) l’a assez répété : le titre de champion du monde en 2018 n’aurait peut-être jamais existé sans l’immense déception née de ce tir tendu d’Eder en finale de l’Euro 2016. On vous passe le couplet du « je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends », mais il y a de ça. Et à entendre les joueurs après la claque de Bucarest, on se dit que ce groupe a les qualités mentales (et le talent) nécessaires pour faire de cette élimination prématurée un tremplin vers la troisième étoile.

Mbappé : « La tristesse est immense après cette élimination, mais le plus important sera de se relever et d’être encore plus fort pour les prochaines échéances à venir ». D’autant que, de l’aveu de Moussa Sissoko, lundi soir en zone mixte, « la déception est encore plus forte » cette année qu’elle ne l’était en 2016. Vivement 2022, non ?

Parce qu’on a bien envie de voir comment Deschamps va réagir

Souvent raillé pour avoir toujours préféré dans sa carrière les résultats et le palmarès à la manière de jouer et de faire jouer ses équipes, le sélectionneur français risque vite d’avoir des envies de revanche. D’autant que, comme il nous l’a avoué lundi, il « assume » en grande partie la responsabilité de cette élimination précoce. Et si certains vont en profiter pour réclamer sa tête et exiger de voir la boule à zéro de Zizou sur le banc des Bleus d’ici à la Coupe du monde au Qatar, autant qu’ils se fassent tout de suite une raison : Deschamps n’a pas l’intention de refiler les clés du camion à son ancien coéquipier en équipe de France et à la Juve.

DD : « Vous savez, on s’est dit des choses. Il y a de la solidarité, de l’unité dans ce groupe, une force qui se dégage. J’ai une responsabilité, je l’assume, mais je suis avec eux et ils sont avec moi. C’est le sport, il faut l’accepter, même si ça fait mal. C’est prévu qu’on se voit en septembre (sourire) ».

Parce que Benzema sera à nouveau là et que le trio de l’espace risque de faire très mal

On a beau être ouvert d’esprit et croire que, comme le disait Thuram après son doublé en demi-finale face à la Croatie en 1998, « tout est possible dans le football », on n’imagine pas un seul instant que Karim Benzema ne sera pas dans un an le formidable joueur de ballon/athlète qu’il est aujourd’hui. Et puis Deschamps ne l’a pas rappelé après plus de cinq ans de bagne à Valdebebas pour nous enlever aussitôt la friandise de la bouche.

Non, KB Nueve sera évidemment du voyage à Doha en décembre 2022. Et cette fois-ci, il aura eu le temps de répéter ses gammes avec Griezmann et Mbappé. Or, quand on voit ce que ça a pu donner en à peine un mois de vie commune et quelques matchs ensemble, on se dit que ce n’est pas demain que le monde entier arrêtera de nous envier ce trop magique.

Parce que tant qu’il y a d’la vie, il y a les Espoirs

Pour celles et ceux qui ont un peu de mémoire – et peu de fierté, comme nous, souvenez-vous de ce qu’on s’était dit en voyant la liste de Sylvain Ripoll pour l’Euro Espoirs. C’était un truc du genre « même l’équipe Espoirs » pourrait faire beaucoup de mal à l’Euro des A. C’est vrai qu’à y regarder de plus près, il y a de quoi un peu saliver quand même : citons pêle-mêle Edouardo Camavinga Rennes), Aurélien Tchouameni (Monaco), Wesley Fofana (Leicester), sans oublier les Houssem Aouar, Amine Gouiri et autres Maxence Caqueret ou Moussa Diaby. Si avec cette concurrence, déjà prête à venir secouer les A, on n’arrive pas à créer une émulation positive, c’est vraiment qu’on y met de la mauvaise volonté.

Alors, ça va mieux les amis ? On a fait tout ce qu’on pouvait en tout cas.