Tour de France 2021 : « C’est raide et interminable »… La côte de Mûr-de-Bretagne promet d’envoyer du bois
CYCLISME•Surnommée l’Alpe d’Huez breton, la côte du Menez-Hiez est devenue un grand classique du Tour avec quatre arrivées en dix ansJérôme Gicquel
L'essentiel
- L’arrivée de la deuxième étape du Tour de France aura lieu en haut de la côte de Mûr-de-Bretagne ce dimanche.
- C’est la quatrième fois en dix ans que la bosse, surnommée l’Alpe d’Huez breton, sera le théâtre d’une arrivée.
- Toute droite et très raide à son pied, la côte de Mûr convient parfaitement à un puncheur comme Alaphilippe qui visera le doublé.
De notre envoyé spécial à Mûr-de-Bretagne,
Si vous êtes nuls en géographie, sachez que la Bretagne n’a pas de montagne. Mais ce n’est pas non plus tout plat avec quelques côtes bien casse-pattes pour les cyclistes. Le peloton a pu s’en rendre compte samedi lors de l’arrivée à la Fosse-aux-Loups à Landerneau (Finistère), où Julien Alaphilippe a laissé parler tout son talent pour décrocher le maillot jaune dès la première étape. Ce dimanche après-midi, c’est le Menez-Hiez, la côte de Mûr-de-Bretagne (Côtes-d’Armor), qui les attend par deux fois. Et à l’heure du goûter, ça ne sera pas du gâteau avec une montée longue de deux kilomètres à 6,9 % de moyenne et des passages à 10 %.
« C’est sacrément raide au pied et après ça continue de grimper mais tout droit, on a l’impression que ça n’en finit jamais », souligne Perrig Quemeneur, ancien coureur des équipes Bouygues, Europcar et Direct Energie. Christopher Jourden connaît bien aussi cette bosse de Mûr-de-Bretagne qui lui sert souvent de terrain de jeu. « C’est une montée assez surprenante et qui est très dure physiquement », indique le président du club cycliste local, qui gère également le magasin Celti Bike à Guerlédan. « On est scotché à la route à certains endroits mais c’est surtout le fait qu’elle soit longue et toute droite qui la rend difficile, c’est interminable », poursuit-il.
Alaphilippe pour le doublé ?
Escaladé à sept reprises entre 1938 et 2008, le Menez-Hiez est désormais un passage obligé quand la Grande Boucle s’aventure en Bretagne. Ce dimanche, on assistera ainsi à la quatrième arrivée en dix ans en haut de la bosse qui s’élève à 293 mètres d’altitude. « Ce n’est plus nous qui sollicitons le Tour, c’est le Tour qui nous sollicite », sollicite Alexis Le Priellec, directeur de l’office du tourisme Bretagne-Centre. Les organisateurs n’ont, il est vrai, pas à se plaindre pour le moment car le spectacle est toujours au rendez-vous. Le palmarès peut en attester avec à chaque fois des costauds qui se sont imposés au sommet : Cadel Evans en 2011, Alexis Vuillermoz en 2015 et Dan Martin en 2018.
« C’est clairement une bosse pour les puncheurs, assure Perrig Quemeneur. Il faut de l’explosivité et être capable de sprinter assez longtemps en pleine pente ». Un final qui sied parfaitement aux qualités de Julian Alaphilippe, capable de remettre le couvert ce dimanche. « Celui qui a gagné la veille peut tout à fait faire le doublé et conforter son maillot jaune », estime Thierry Gouvenou, le directeur de l’épreuve. Largués samedi dans la Fosse-aux-Loups, Wout Van Aert et Matthieu Van der Poel voudront également leur revanche, laissant encore présager une belle bagarre dans l’Alpe d’Huez breton.


















