Championnat d'Europe féminin 2021 : Talent, physique, rotations... Les Bleues sont-elles au sommet de leur art ?

BASKET Brillante depuis le début de l'Euro, l'équipe de France affronte la Biélorussie en demi-finale ce samedi

Thibaut Gagnepain
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A l'image des Bleues, Sandrine Gruda est impériale depuis le début de l'Euro.
A l'image des Bleues, Sandrine Gruda est impériale depuis le début de l'Euro. — Frederick FLORIN / AFP
  • L’équipe de France féminine de basket a survolé son début d’Euro, à Strasbourg. Elle dispute à partir de ce samedi le Final 4 à Valence, en Espagne.
  • Premier rendez-vous en demie, ce samedi contre la Biélorussie.
  • Mais qui peut bien arrêter les Bleues ? Elles n’ont jamais semblé aussi fortes. Pourquoi ? On vous explique, avec l’aide notamment de deux glorieuses anciennes, Yannick Souvré et Cathy Melain.

Vingt-cinq points d’écart moyen, environ dix-huit petites minutes à courir après le score et seulement quatre quart-temps perdus sur seize disputés… En quatre matchs à Strasbourg, l’ équipe de France féminine de basket a fait forte impression. Très forte.

Ce ne sont pas les championnes d'Europe 2001 qui diront le contraire. Invitées dimanche en Alsace vingt ans après leur sacre, Yannick Souvré et les siennes ont apprecié la performance de leurs héritières. « Oui, c’est une très belle équipe, qui peut se transformer en véritable rouleau-compresseur », confirme l’ancienne capitaine des Bleues.

L'équipe de France 2001, qui avait raflé l'or à l'Euro, a été honorée dimanche à Strasbourg.
L'équipe de France 2001, qui avait raflé l'or à l'Euro, a été honorée dimanche à Strasbourg. - FFBB

Celle qui est désormais directrice de la Ligue féminine de basket (LFB) refuse néanmoins de comparer les époques. « Je trouve que ça n’a pas de sens. Ce n’est pas le même basket », justifie l’ex-meneuse, questionnée sur la place de l’actuelle équipe dans le panthéon des équipes de France. « C’est toujours compliqué d’évaluer une génération par rapport à une autre, il y a tout un tas de facteurs qui entrent en jeu », appuie Cathy Melain, autre monumemt de son sport.

Les deux anciennes partenaires s’entendent sur un autre point : la principale force du groupe de Valérie Garnier est son homogénéité. Jamais il n’a semblé aussi complet avec une rotation de haut niveau. « Il y a des joueuses de qualité à tous les postes et chacune bonifie l’équipe à sa manière sans tirer la couverture à soi. C’est hyper intéressant », poursuit l’ancienne arrière, rejointe justement par l’actuelle intérieure Helena Ciak. « On a un roster de douze joueuses capables d’apporter, de jouer dur. »

Au sein de celui-ci, le mélange entre les générations semble réussi. Entre l’ancienne garde des trentenaires Gruda, Miyem, Tchatchouang, Michel, Ciak et Chartereau, les habituées (Chartereau, Vukosavljevic ex-Ayayi et Johannès) et les dernières arrivées (Duchet, Ruppert, Williams). « Un bon mix entre filles d’expérience, certaines qui arrivent à matûrité et d’autres plus jeunes », résume Yannick Souvré.

Cela se vérifie d’abord au niveau des temps de jeu, globalement réparti. Mais aussi et surtout dans cette capacité des Bleues à proposer une intensité permanente à ses adversaires. Jusqu’à les faire craquer. « On a pour consigne de maintenir un niveau de jeu constant et on donne tout », confirme Ciak en reconnaissant un petit péché mignon, des entames de match plus poussives, comme encore mercredi face à la Bosnie-Herzégovine (8-13, 6e).

« La meilleure équipe dans laquelle j’ai jouée »

Pas grave ni rédhibitoire. La grosse défense proposée produit ensuite ses effets. Avec un jeu de transition efficace. « On les laisse courir et c’est très bien comme ça, c’est le basket moderne de prendre des tirs vite », apprécie encore Cathy Melain, aujourd’hui à la tête des juniors garçons au pôle France.

Mais alors, qu’est-ce qui pourrait faire dérailler ces Bleues lors de cet Euro ? « On s’était parlé avant la compétition et on avait dit que notre pire adversaire serait nous-même », répond Endy Miyem. Toute la prépa et sur les premiers matchs, on vu qu’on pouvait être confronté à des équipes qui nous posait problème mais que quand on arrive à jouer à notre façon, ça nous sourit. » Et ça créé des écarts impressionnants, quitte à faire parfois passer l’équipe adverse pour un simple sparring-partner.

Ou alors ce sont simplement les Bleues qui sont trop fortes… « C’est fort probable que ce soit la meilleure équipe dans laquelle j’ai jouée ! Je n’ai pas envie de dénigrer les autres car je ne connais pas toute l’histoire mais celle-là a un petit truc en plus. » Mais pas encore de médaille d’or européenne, comme en 2001 et 2009. Ni olympique, comme en 2012 avec l’argent. Cet été pourrait permettre de réparer l’anomalie…