Hongrie – France : Benzema, « finale » contre le Portugal… Est-ce qu’on s’inquiète pour nos Bleus ?

FOOTBALL La confiance engrangée contre l'Allemagne en a pris un coup samedi

William Pereira

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Karim Benzema manque de confance dans le dernier geste
Karim Benzema manque de confance dans le dernier geste — Tibor Illyes/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Budapest,

Non, cette équipe de France ne roulera pas sur tout le monde avant de soulever le trophée le 11 juillet à Londres ou à Budapest, d’ailleurs, puisque les derniers bruits de couloir vont dans ce sens. Les Bleus ont été tenus en échec par une coriace équipe hongroise, peut-être au meilleur moment, celui qui précède l’excès de confiance. Et puis s’il y a bien un moment où l’on peut s’autoriser un petit match nul de rien du tout, c’est bien en phase de groupes d’un Euro à 72. Le système des meilleurs troisièmes a même été inventé pour ça, non ? « On n’a pas perdu, ça fait un point de plus qui nous permet de garder des cartes en mains pour le prochain match, calme ainsi Didier Deschamps. Le premier objectif était la qualification et avec ces quatre points on est dans les clous. »

Un message qu’il avait d’ailleurs pris soin de transmettre à ses joueurs avant de se présenter en visioconférence de presse. Hugo Lloris reste sur le message transmis par son sélectionneur : « Rester positif. Malgré le contexte, le scénario du match, on a donné 100 %. On est allés chercher le point du nul. Même si au départ, ce n’était pas ce qu’on était venus chercher, mais il va falloir s’en contenter. »

Le retour de « Demblessé », Benzema perd confiance

Sur le fond, il y a tout de même quelques motifs d’inquiétude, comme la blessure d’Ousmane Dembélé, dont la rentrée avait fait beaucoup, mais vraiment beaucoup de bien aux Français. « C’est possible qu’il ait pris un coup sur le tendon du genou. ll a ressenti quelque chose au moment de faire un centre. J’espère que ce n’est qu’un coup, mais on en saura plus dans les prochains jours. » Dembouz et genou dans la même phrase, on n’aime pas trop ça.

Tout comme on aime moyennement la tête de Karim Benzema après avoir vendangé une reprise a priori facile face à la cage hongroise sur une remise de Kylian Mbappé. Le geste et les quelques minutes qui ont suivi puaient le manque de confiance. Le Merengue veut son but et s’impatiente de plus en plus. Ça se sent, même si le sélectionneur compte sur l’expérience de son attaquant pour gérer cette frustration.

« Avec l’expérience qui est la sienne et son vécu, je ne pense pas qu’il doute. Il lui manque de concrétiser aujourd’hui, mais il a suffisamment de vécu pour passer outre. Il sait très bien qu’il est attendu sur cet aspect-là [les buts] même s’il n’y a pas que ça. L’essentiel c’est qu’il garde confiance et qu’il garde ma confiance. »

La France, l’Allemagne et le Portugal sont dans un bateau…

Il y a donc, tout au plus, de légères inquiétudes, mais pas non plus de quoi en faire une montagne. D’autant que, pour reprendre les petits comptes de DD dont nous vous parlions plus haut, ils sont, à l’heure où l’on vous parle, hyper favorables à nos Bleus, leaders du groupe de la mort avec quatre points. Alors certes, le prochain adversaire est le champion d’Europe, mais le Portugal a montré des signes de faiblesse extrêmement inquiétants contre l’Allemagne.

Gare quand même à ne pas trop jouer avec le feu. En cas de défaite, même 1-0, contre la Selecção, l'équipe de France aurait une infime chance de se faire sortir au premier tour dans le cas où l'on l'on se retrouverait avec cinq équipes à quatre points (ou plus). En gros, il faudrait que les équipes à trois et deux points (Russie, Ukraine, Slovaquie ou Espagne) s’imposent ou fassent match nul. Ca paraît hautement improbable, et on mise, à minima, sur une qualif un peu dégueu des Bleus. L’histoire a bien prouvé qu’il était possible de remporter un Euro en sortant sans panache de son groupe. Même si, avec un nul et une défaite, on commencerait vraiment à s’inquiéter.