Roland-Garros : « On était chauds pour rester », l’évacuation du Chatrier n’est pas très bien passée

TENNIS Les organisateurs ont été obligés d’arrêter le match entre Djokovic et Berrettini pour vider le Central à 23 heures en raison du couvre-feu

Nicolas Camus

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Le match entre Berrettini et Djokovic a dû être arrêté pour pouvoir évacuer les spectateurs du Chatrier à 23 heures.
Le match entre Berrettini et Djokovic a dû être arrêté pour pouvoir évacuer les spectateurs du Chatrier à 23 heures. — Michel Euler/AP/SIPA

A Roland-Garros,

Novak Djokovic n’a pas été très sympa avec les organisateurs de Roland. Alors qu’il avait deux services pour conclure dans le tie-break du troisième set, mercredi soir un peu avant 22h30, il est complètement passé à côté et à laisser Matteo Berrettini prendre cette manche. Résultat, un quart de finale qui dure, avec la douloureuse perspective de devoir mettre les spectateurs dehors à 23 heures en raison du couvre-feu.

Ça n’a pas manqué. La première annonce du speaker Marc Maury, au début de la quatrième manche, a été copieusement sifflée. Les suivantes encore plus. « On va rester, on va rester », ont commencé à chanter quelques personnes dans les tribunes. Face à la résistance sympathique du public, le superviseur n’a eu d’autre choix que de faire rentrer les joueurs au vestiaire, le temps d’évacuer tout le monde. « C’est honteux », ont répliqué quelques-uns.

Allez, c'est l'heure de rentrer maintenant.
Allez, c'est l'heure de rentrer maintenant. - Anne-Christine POUJOULAT / AFP

« C’est sûr, pour eux, c’était la meilleure stratégie, sinon on allait tous rester, se marre Moez à la sortie du court. Nous en tout cas on était chauds pour rester. » Avec son pote Simon, il fait partie de ceux qui commençaient tout juste à se chauffer, en même temps que le joueur italien. « Ça devenait tendu là, c’était génial, s’exclame Simon. Franchement, on pensait qu’on serait incités à partir mais qu’il y aurait une tolérance quand même. C’était la seule session de nuit avec du public en plus, ils auraient pu faire une exception. »

« De toute façon, on est déjà hors-la-loi »

Les deux compères estiment que comme pour le ciné, leur billet aurait pu faire office de dérogation. Un peu plus loin, un autre spectateur est un peu plus virulent. « On parle du respect des joueurs, mais celui des spectateurs, alors ?, dit-il à des confrères. C’est une vraie relation entre les joueurs et le public. Si Berrettini a gagné un set, c’est un peu grâce à nous aussi, peut-être. Là il va devoir continuer tout seul, je ne suis pas sûr qu’il soit content. »

On peut parier là-dessus, effectivement. L’Italien, avec ses grosses sacoches de coup droit envoyées depuis tous les recoins du court, s’était mis le public dans la poche. Privilège de l’outsider qu’on a envie de pousser, aussi. Finalement, le match a repris à 23h15, et Djokovic a plié l’affaire. Certains spectateurs se baladaient encore dans les allées. « De toute façon, on est déjà hors-la-loi », entend-on au loin, relevant l’incongruité de la situation. Allez, ça ira mieux l’année prochaine. Enfin, tout le monde l’espère.