Toulouse : Une finale de Champions Cup quasi-confinée en centre-ville, mais pas dans le reste de l’agglo

RUGBY Il n’y aura finalement pas d’écran géant au stade Ernest-Wallon et les retransmissions de la finale opposant le Stade Toulousain à La Rochelle seront interdites en centre-ville… Mais pas ailleurs dans l’agglomération toulousaine

Béatrice Colin
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Les supporters et les joueurs du Stade Toulousain sur la place Place du Capitole lors de la coupe d'Europe de Rugby, en mai 2010.
Les supporters et les joueurs du Stade Toulousain sur la place Place du Capitole lors de la coupe d'Europe de Rugby, en mai 2010. — Frederic Scheiber/20 Minutes
  • Pas de retransmission sur écran géant, ni dans les bars du centre-ville, Toulouse va vivre une finale de Champions Cup inédite ce samedi, au pain sec et à l’eau pour les supporteurs en centre-ville.
  • Les terrasses de l’hyper centre de la Ville rose fermeront dès 19 heures, avant la fin du match, pour éviter de voir converger les supporteurs vers le centre. Tout comme la place du Capitole et Saint-Pierre, dès 17h30.
  • Par contre, ailleurs dans la Ville rose, l’agglo et le département, les retransmissions sont autorisées dans les bars jusqu’à 21 heures, en respectant les règles sanitaires.

Pas la peine de chercher un écran samedi dans le centre-ville de Toulouse pour regarder la finale de Champions Cup qui opposera à Twickenham le Stade Toulousain à La Rochelle. Il n’y en aura pas, ni géant, ni petit dans un bar. Les autorités ont décidé d’interdire toute retransmission dans un périmètre couvrant l’hyper centre, à l’intérieur des boulevards.

« Si les indicateurs s’améliorent, il faut tout faire pour empêcher la recrudescence des contaminations de coronavirus. Il est impensable que des rassemblements ou manifestations aient lieu », a expliqué ce jeudi matin le préfet de la Haute-Garonne, Etienne Guyot. Ce dernier avait demandé une dérogation pour installer un écran géant dans les stades, notamment celui d’Ernest-Wallon, avec une jauge supérieure aux 1.000 places assises, mais elle lui a été refusée par le gouvernement pour éviter tout précédant. Et des jauges à 1.000 personnes demanderaient une organisation très coûteuse et compliquée à gérer.

Si à Perpignan cinq écrans vont être installés en ville pour la demi-finale de Pro D2, le représentant de l’Etat en Haute-Garonne estime que les risques ne sont pas comparables. « Ce n’est pas du tout le même type de situation et d’enjeux. A Perpignan, les jauges dans ces cinq sites seront limitées à moins de 600 places assises. A Toulouse, c’est 50.000 à 100.000 personnes qui pourraient converger, il y a un effet de masse que nous sommes obligés de prendre en compte », assure le préfet.

Et face à l’inquiétude des commerçants de devoir gérer une foule en liesse durant le match qui débute à 17 h 45, il a pris la décision de faire fermer la place du Capitole et la place Saint-Pierre dès 17 h 30, ainsi que d’interdire la vente d’alcool. Et dès 19 heures, tous les bars et restaurants devront plier leurs terrasses.

Ailleurs, tout est (presque) possible

Pas question pour les supporteurs de se rabattre sur les berges, qui restent fermées, ni de siroter une bière sur la voie publique, l’interdiction de consommer de l’alcool restant en vigueur, tout comme celle des rassemblements de plus de dix personnes. « J’espérais jusqu’au bout qu’on arriverait à trouver une formule pour que la fête soit au rendez-vous. Mais ce que j’ai vu hier m’a édifié, il y a eu beaucoup de phénomènes d’imprudence, de non-port du masque et non respect des distanciations sociales. Les professionnels de la restauration nous ont dit qu’ils n’avaient pas envie de fermer à nouveau dans trois semaines », souligne de son côté le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

Si le centre-ville est quasiment confiné samedi en fin de journée, avec des forces de l’ordre sur le pont pour faire respecter ces décisions, ailleurs les restrictions sont moindres. Ainsi, en dehors de l’hypercentre, et partout dans le département de la Haute-Garonne, les terrasses pourront fermer à 21 heures et les retransmissions sur écran y sont autorisées.

Pas de fête non plus pour le retour des joueurs

« On fait appel à l’ensemble des supporteurs pour vivre cet événement différemment. On a tous envie de converger vers le centre, mais c’est tout l’inverse que l’on doit faire », relève de son côté le président du Stade Toulousain, Didier Lacroix. Si le préfet de la Haute-Garonne est plutôt partisan du « restez chez vous », le patron des Rouge & Noir ponctue, soulignant qu’il « y a plus de risques à rester à 30 dans un salon pour regarder le match que d’aller en extérieur, de le vivre en petits groupes ».

Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, il n’y aura pas non plus de festivités pour fêter les finalistes comme il est d’usage, pas de coupe brandie aux fenêtres du Capitole dimanche après-midi. « Nous serons encore dans le championnat de Top 14. Nous donnerons rendez-vous aux supporteurs à la fin de la saison, on essaiera de voir où nous en sommes selon les conditions sanitaires », avance prudemment le Stadiste. A défaut de vivre la finale, les Toulousains pourront se rappeler qu’elle a bien lieu samedi, des rues de la ville et le Capitole vont en effet se parer de Rouge & Noir dès vendredi.

Il y en a un qui pourra en tout cas suivre le match sans risque d’attraper le Covid-19 et sans porter aucun masque. Thomas Pesquet, l’un des plus fidèles supporteurs du Stade Toulousain, qui a participé à l’élaboration du maillot que porteront les joueurs samedi soir, est déjà confiné dans la station spatiale internationale et ne risque rien à 400 km au-dessus de nos têtes.